Le coronavirus, une arme biologique qui a mal tourné selon certains. Qu’en est-il réellement ?

Le coronavirus, dont l’épidémie est partie de Wuhan en décembre 2019, serait « une arme biologique parfaite » ou « une bioarme expérimentale qui a mal tourné ». Ces soupçons ont été largement sur les réseaux sociaux et se référent à l’ouvrage d’un juriste américain Francis Boyle «Guerre biologique et terrorisme. Retour sur les attaques terroristes à l’anthrax » (2006). La vidéo d’une interview de cet auteur en janvier 2020 , dont l’approche est complotiste, évoquant une nouvelle guerre froide, une crise économique majeure et une troisième guerre mondiale, a été le point de départ des posts sur les réseaux sociaux. Francis Boyle a pourtant reconnu lui-même, ne pas être un expert et tient la plupart de ses informations d’internet !!!

La ville de Wuhan abrite-t-elle un laboratoire à virus mortels ?

Mr Boyle argumente sur le fait que lorqu’on fait une recherche Google pour savoir si la Chine possède un laboratoire P4, Wuhan arrive en premier, ce qui est vrai, j’ai vérifié. Il existe bien à Wuhan (capitale de la province de Hubei°) un laboratoire de haut confinement (P4 pour « pathogène de niveau 4 », le niveau maximal), qui appartient à l’Institut de virologie de Wuhan et est le seul laboratoire P4 actuellement en activité en Chine continentale, sur la cinquantaine existant dans le monde (https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/311625/WHO-WHE-CPI-2018.40-eng.pdf). D’autres sont prévus à Harbin et Pékin.

Certifié laboratoire haute sécurité par les autorités chinoises en janvier 2017, sa mission prioritaire depuis août 2017 consiste dans des recherches sur Ebola, Nipah et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6478205/). Le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère causé par un autre coronavirus, apparu en 2002-2003 en Chine) fait partie de ses projets d’étude à terme.

Les scientifiques de Wuhan ont-ils « rendu le SRAS plus mortel » ?

Selon le juriste Francis Boyle, les scientifiques de l’institut de virologie de Wuhan ont fait des recherches sur le SRAS et ont essayé de le renforcer en améliorant ses propriétés fonctionnelles, c’est-à-dire en le rendant plus mortel. Et le virus responsable du Covid-19  a un taux de létalité de 15 %, ce qui est plus élevé que le SRAS à un taux d’infection de 83 %. »

Pr R. Ebright

L’institut de virologie de Wuhan a formellement démenti que le virus ait pu être créé par des scientifiques et les avancées rapides de la communauté scientifique accréditent la version du laboratoire chinois. Richard Ebright, professeur de biologie chimique à l’université de Rutgers, cité par le Washington Post, a attesté qu’il n’y a. «  absolument rien dans la séquence génomique de ce virus qui indique qu’il ait pu être créé par ingénierie génétique. La possibilité qu’il s’agisse d’une arme biologique sciemment diffusée peut être exclue de manière certaine ».

Du reste si le taux de 15 % a bien été avancé en début d’épidémie, il a ensuite largement été revu à la baisse, une contre-enquête ayant été montré que les patients asymptomatiques n’avaient pas été pris en compte. Selon les derniers chiffres de l’OMS, le taux de létalité du Covid-19 est plutôt de 3,4 %, avec un indice de contagiosité compris entre 1,5 et 3,5, contre respectivement 9,6% et 2,8 pour le SRAS (https://www.who.int/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/situation-reports). Bref, contrairement à ce qu’affirment les lectures complotistes, en l’état des connaissances, le virus responsable du Covid-2019 est en réalité moins mortel que le SRAS et guère plus contagieux.

L’institut de virologie de Wuhan est-il piloté par l’OMS ?

Selon Mr Boyle, le laboratoire de Wuhan est un laboratoire de recherche spécialement conçu par l’OMS qui donc est impliquée et savait exactement ce qui s’y passe. Ce qui est faux. L’institut de Wuhan est le fruit d’une décision de la Chine, seule souveraine en matière de politique de santé publique et de recherche scientifique. Sa construction a été décidée après l’épidémie de SRAS de 2003. Ledit laboratoire a été conçu en partenariat avec la France sur le modèle de celui de l’Inserm à Lyon. Son objectif principal, comme nous l’avons vu précédemment, est d’étudier Ebola et d’« apporter une aide dans la lutte contre le virus en Afrique », où la Chine a de nombreux intérêts stratégiques.

Un autre objectif est de protéger la population chinoise des risques sanitaires liés à la politique d’expansion du pays avec les projets de liaisons ferroviaires et maritimes pour favoriser le commerce mondial autour de la Chine et l’augmentation du risque que des pathogènes exotiques soient amenés dans le pays (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6478205/).

De son côté, l’OMS publié un manuel des bonne conduite à destination des laboratoires de haut confinement, édictant des règles de sécurité liées aux virus émergents, ou aiguillant les analyses d’échantillons vers les laboratoires spécialisés, mais n’est pas décisionnaire (https://www.who.int/csr/resources/publications/biosafety/en/Biosafety7.pdf).

Les laboratoires P4 ont-ils un objectif uniquement militaire ?

Toujours selon Francis Boyle, tous les laboratoires P4, aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, en Chine, en Israël, sont là pour chercher, développer et tester des agents biologiques offensifs. Il n’existe pas d’autres raisons selon lui d’avoir un laboratoire P4. Là encore, cest faux.

La plupart des laboratoires P4 sont des laboratoires civils, dont la mission est avant tout de santé publique : étudier les virus les plus mortels ou contagieux (les fièvres hémorragiques à Solna en Suède, les herpès mortels à Atlanta aux États-Unis, la variole et Ebola à Koltsovo en Russie…) et leur trouver des remèdes. Et la crise du coronavirus a mis en évidence ce rôle. De ce fait, l’institut de virologie de Wuhan revendique un certain nombre de découvertes cruciales : la publication du génome complet du virus, l’identification de souches virales pour le développement de vaccins et de médicaments, ainsi que la création de modèles d’essais sur les animaux et le diagnostic des patients.

l’US Army Medical Research of Infectious Diseases dans le Maryland

Il existe également des laboratoires P4 militaires, mais qui ont avant tout, officiellement, un rôle défensif. C’est le cas de l’US Army Medical Research of Infectious Diseases dans le Maryland, chargé depuis 1969 de protéger les soldats américains des menaces biologiques. Ces laboratoires se sont multipliés dans les années 2000 après les attaques à l’anthrax et la crainte d’attaques bioterroristes.

En France, le laboratoire de la direction générale de l’armement, ouvert en 2013, répond ainsi à un choix stratégique, celui d’anticiper les évolutions des risques nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC), en maintenant une avance technologique dans le domaine de la protection. Sa mission ne diffèrerait guère, aujourd’hui, de celle d’un laboratoire civil (https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite/inauguration-du-laboratoire-biologique-p4-de-la-dga).

La Chine a-t-elle volé des souches de coronavirus au Canada ?

Mr Boyle prétend également qu’il a également été rapporté que des scientifiques chinois ont volé du matériel lié au coronavirus au laboratoire canadien de Winnipeg. Là encore c’est faux.

Le juriste relaie ici une rumeur formellement démentie par la Public Health Agency of Canada (PHAC) dans un article de vérification d’AFP factuel (https://factcheck.afp.com/chinese-spies-did-not-steal-deadly-coronavirus-canada). La confusion pourrait venir de l’annonce en août 2019, d’une livraison par le Canada de souches Ebola et Nipah à Pékin.

Les laboratoires P4 fabriquent-ils des armes de guerre biologique offensives ?

Selon le juriste américain, les laboratoires P4, et il y en a plein aux Etats-Unis, servent à développer des armes de guerre biologiques à caractère offensif, par l’ingénierie génétique. Rien ne le prouve.

Jusqu’à présent, et il n’existe pas preuve du contraire, aucun Etat n’a utilisé de tels virus comme arme offensive. D’après Lynn Klotz, administrateur scientifique du Centre pour le contrôle des armes et la non-prolifération, de telles armes seraient plutôt, selon lui, l’apanage de groupes terroristes suicides ou d’Etats désespérés (https://armscontrolcenter.org/wp-content/uploads/2017/04/Lab-created-PPPs-as-biological-weapons-10-8-2017-update.pdf).

La possibilité de créer une « arme biologique offensive » existe néanmoins. La communauté scientifique vit depuis le début de la décennie dans la crainte d’une pandémie causée par un virus génétiquement modifié, en l’occurrence la grippe aviaire A (H5N1), dont le taux de mortalité est estimé à environ 50%. Dans sa forme naturelle, le virus n’est pas transmissible par voie aérienne. Mais en 2012, deux expériences menées dans des laboratoires P4 aux Pays-Bas et au Japon ont permis au virus d’être transmissible par l’air, le rendant plus dangereux encore. Dans le cas du virus H5N1, les chercheurs n’avaient aucune mauvaise intention, il s’agissait de prouver sa mutabilité pour alerter les responsables sanitaires sur  la nécessité de se préparer à de potentielles pandémies. Mais le spectre d’une utilisation à mauvais escient est désormais présent.

Des fuites de virus ont-elles déjà eu lieu à Wuhan ?

Francis Boyle a évoqué de précédents rapports de fuites venant du laboratoire de Wuhan par le passé, craindre que ce soit ce qui s’est passé fin 2019, tout en déclarant que ce virus n’a pas été lâché dans la nature de manière volontaire.

Le juriste confond deux laboratoires chinois de niveaux de sécurité différents. Il a bien été question d’une fuite d’un virus hautement pathogène, mais il s’agissait de celui responsable du SRAS en 2004, à l’institut de virologie de Pékin, classé P3 (https://www.the-scientist.com/news-analysis/sars-escaped-beijing-lab-twice-50137). A deux semaines d’intervalle et de manière indépendante, deux de ses chercheurs avaient accidentellement contracté le virus. Le responsable régional de l’OMS pour le Pacifique-Ouest, Shigeru Omi, avait alors évoqué des manquements, et cinq cadres de l’institut avaient été sanctionnés par Pékin (https://www.nbcnews.com/id/wbna4806051#.Xl4ozKhKi70 et https://www.chinadaily.com.cn/english/doc/2004-07/02/content_344755.htm).

Les inquiétudes occidentales quant à une possible fuite émanant de l’institut de virologie de Wuhan existent depuis longtemps. La revue scientifique Nature mentionnait en 2017 que son faible niveau de sécurité avait été pointé du doigt par plusieurs visiteurs français au début des années 2000, mais que les choses ont évolué depuis (https://www.20minutes.fr/monde/2707987-20200131-coronavirus-originaire-laboratoire-wuhan-lie-france-retour-rumeur-virale).

En septembre 2019, dans un article académique sur l’évolution de la biosécurité des laboratoires de son pays, Guizhen Wu, de l’institut national pour la prévention et le contrôle des maladies virales de Pékin, se félicitait de la rapidité et de l’efficacité avec laquelle la Chine s’était mise à niveau, mais regrettait le manque de personnel qualifié et l’absence de grille d’évaluation précise en matière de fiabilité de ses laboratoires (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2590053619300291#!) . Rien toutefois qui prouve que des fuites aient déjà eu lieu.

En règle générale, les laboratoires P4 présentent-ils des risques de fuites ?

Toujours selon Mr Boyle, tous les laboratoires P4 ont des fuites, tout le monde sait ça. 

De nombreuses précautions encadrent le travail au sein d’un laboratoire de haut confinement : port de combinaisons spéciales, protocole très strict, équipements extrêmes, comme des portes de sous-marin, des douches chimiques et des incinérateurs de déchets. Indice de leur niveau de sécurité. Même l’explosion qui a eu lieu en 2019 dans le laboratoire russe de haut confinement où sont étudiés Ebola et la variole n’a pas entraîné de fuite.

Néanmoins, le risque zéro n’existe pas. En 2017, le centre pour le contrôle des armes et la non-prolifération chiffrait à 31% les risques que le monde soit confronté dans les dix ans à une pandémie causée par un virus issu d’un laboratoire P4.

En février 2019, le Bulletin of the Atomic Scientists – revue créée par d’anciens scientifiques à l’origine de la bombe atomique, et spécialisés dans les répercussions graves des activités humaines, évoquait « une menace pandémique probable », les erreurs humaines étant inéluctables (https://thebulletin.org/2019/02/human-humai-high-biocontainment-labs-a-likely-pandemic-threat/).

Exemples d’erreurs humaines :

  • en 2003, un chercheur taïwanais de 44 ans travaillant dans un laboratoire P4 a ainsi été atteint par le SRAS en essayant de désinfecter à la main un module de transfert du virus. Quatre-vingt-dix personnes avaient dû être placées en quarantaine (https://science.sciencemag.org/content/303/5654/26.full).
  • en 2016, le Government Accountability Office (GAO), l’organisme d’audit du Congrès américain, recensait 21 incidents  liés à des transferts indus de pathogènes hautement transmissibles vers des laboratoires de sécurité moindre, dont huit cas d’anthrax et deux d’Ebola et de Marburg. Dans la majorité des situations, le processus d’inactivation – procédé chimique rendant inopérant un virus et permettant de le manipuler dans le cadre de la création d’un vaccin – n’était pas allé jusqu’à son terme, et un virus dangereux s’était retrouvé là où il ne devait pas être (https://www.gao.gov/assets/gao-16-642.pdf).
  • en 2014, deux tubes contenant respectivement une souche d’Ebola active et l’autre inactive avaient ainsi été intervertis par inadvertance , et le virus actif, envoyé dans un laboratoire P2. Heureusement, l’erreur avait été remarquée le lendemain, et le laboratoire P2, prévenu à temps (https://stacks.cdc.gov/view/cdc/27408).

Ces différents ratés n’ont jusqu’à aujourd’hui jamais entraîné de contamination à l’extérieur, et rien n’atteste que le laboratoire de Wuhan soit à l’origine de la crise du coronavirus. Un article sur le portail scientifique ResearchGate incriminant l’institut de virologie de Wuhan a d’ailleurs été dépublié après que les chercheurs et internautes y ont relevé plusieurs incohérences factuelles après que chercheurs et internautes y ont relevé plusieurs incohérences et erreurs factuelles (https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/03/06/le-coronavirus-arme-biologique-le-vrai-du-faux-d-une-video-virale_6032098_4355770.html).

Pour conclure, Il existe bien à Wuhan un laboratoire de haut confinement P4 qui appartient à l’Institut de virologie de Wuhan. Ce dernier a formellement démenti que le coronavirus responsable de la pandémie actuelle ait pu être créé par des scientifiques. Cette version a été accréditée par les avancées rapides de la communauté scientifique. La construction de ce laboratoire a été décidée par la Chine après l’épidémie de SRAS de 2003 et il a été conçu en partenariat avec la France sur le modèle de celui de l’Inserm à Lyon. Son objectif principal est d’étudier les fièvres hémorragiques (notamment Ebola) qui sévissent en Afrique où la Chine a des intérêts économiques . Un autre objectif est de protéger la population chinoise des risques sanitaires liés à la politique d’expansion du pays. La plupart des laboratoires P4, comme celui de Wuhan, sont des laboratoires civils, qui ont une mission de santé publique avant tout, comme l’étude des virus les plus mortels ou contagieux et trouver des remèdes, mais pas d’étudier des agents biologiques offensifs. Les laboratoires P4 militaires qui existent, ont avant tout, officiellement, un rôle défensif ( protéger les soldats des menaces biologiques, anticiper les évolutions des risques NRBC pour mieux protéger). Quant à l’hypothèse de laboratoires P4 servant à développer des armes biologiques offensives, rien ne le confirme ou ne l’infirme, mais ce qui est certain c’est qu’aucun Etat n’a utilisé de tels virus comme arme offensive. L’utilisation de telles armes seraient plutôt l’apanage de groupes terroristes. Car, ne nous voilons pas la face, la possibilité de créer une « arme biologique offensive » existe et la communauté scientifique vit depuis le début de la décennie dans la crainte d’une pandémie causée par un virus génétiquement modifié, comme celui de la grippe aviaire A (H5N1), dont le taux de mortalité est estimé à environ 50%. Quant à d’éventuelles fuites à partir de laboratoires, elles sont possibles, le risque zéro n’existant pas. C’est pour cette raison que de nombreuses précautions encadrent le travail au sein d’un laboratoire de haut confinement. Enfin, le rôle de l’OMS est de publier des recommandations (manuel des bonnes conduites à destination des laboratoires de haut confinement, règles de sécurité liées aux virus émergents…), mais la décision d’appliquer ou non ces recommandations reste l’apanage des gouvernements de chaque pays.

Author: sfl73_pass_Sa03Na08

DIPLOMES 1980 Diplôme d’Etat d’Infirmière 1996 Diplôme de Cadre de Santé 1998 DU de Soins Palliatifs 2007 DU Ethique Soins et Santé PARCOURS PROFESSIONNEL 1980-1983 Infirmière AU CHU de Rouen 1983-1995 Infirmière dans les services de Médecine et de Cure Médicale dans un Hôpital Local Faisant fonction de cadre à partir de 1989 Infirmière Coordinatrice du SSIAD rattaché à l’établissement en 1993 1996-2002 Cadre de Santé au CHU de Rouen dans différents services, de nuit puis de jour 2002-2005 Cadre de Santé en EHPAD dans un CH de la région Normandie, responsable de 6 unités de soins soit 167 lits et chargée de missions transversales (notamment la Gestion des Risques) 2005-2018 Cadre de Santé Formateur à l’IFSI du CHU de Rouen TRAVAUX REALISES: mise en place d'un SSIAD, Transmissions ciblées, Chef de projet sur la réalisation d'un film illustrant le protocole de pose d’une bande de contention veineuse et présentation dans différents congrès, évaluation de la prise en charge de la douleur, évaluation de l'éducation des patients sous AVK, référent SIIPS, Participation au groupe de travail sur la mise en place des CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition) à la DHOS, gestionnaire de risques, animateur d'un groupe d'évaluation dans le cadre de la certification, réalisation d'audits, participation à l'élaboration et à la réactualisation de protocoles de soins. PARTICIPATION AUX INSTANCES: Conseil d’Administration, Commission de Soins, CLAN.

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