L’hypnose dans les soins infirmiers

La base de l’hypnose est la suggestion, technique psychique qui repose sur la croyance que le thérapeute peut influencer par la parole, un état affectif ou un comportement chez le patient. On pourrait penser à une possible manipulation, mais dans l’hypnose le patient recherche cette influence.  La manipulation mentale est une pratique visant à agir sur la volonté et le libre-arbitre du patient, ce que ne vise pas l’hypnose. Le but de l’hypnose est de moduler le fonctionnement du système nerveux par un travail mental. L’expérience montre que l’hypnose soigne physiquement et psychiquement et débarrasse des addictions. Mais que se passe-t’il réellement ? Qu’en dit la science ?

L’hypnose est utilisée dans la lutte contre la douleur. La composante sensori-discriminative de la douleur est l’expression de l’expérience sensorielle (localisation, durée, type…). Sa composante cognitivo-comportementale-affective . La composante affective de la douleur est sa tonalité désagréable (non renouvellement et émotions). La composante cognitive est représentée par les processus mentaux qui influencent la perception des processus douloureux, notamment le contexte (sport, maladie). La composante comportementale est représentée comme son nom l’indique par les comportements liés à la douleur (mimiques, postures, plaintes….).

L’hypnose est un outil thérapeutique qui cherche à moduler le fonctionnement du système nerveux central en bloquant la circulation des neurotransmetteurs, en diminuant les hormones (telles que les kinines), et en exerçant un impact positif sur les émotions négatives, et ce, par un travail mental. En effet, s’imaginer avoir moins mal, … c’est avoir moins mal !

L’état hypnotique (transe) ne peut être assimilé à un sommeil véritable même si on retrouve certaines similarités au niveau du fonctionnement mental. L’hypnose est un état spécifique, un état de conscience modifié. C’est un état naturel que vous reproduisez plusieurs fois par jour sans vous en rendre compte (lecture, rêverie,…). Le seul guide est le patient, et le thérapeute ne fait que l’accompagner. Il s’agit d’une relation d’aide, car l’hypnose est un outil thérapeutique et, en tant que tel, un mode de communication particulier.

Cette communication utilise deux modes :

  • Le mode digital qui s’adresse à l’hémisphère gauche avec les codes communs appris et fixés, et la logique du conscient
  • Le mode  analogique qui s’adresse à l’hémisphère droit, lieu de la communication non-verbale et de la logique de l’inconscient ;

Lorsque l’information transmise selon ces deux modes est identique, il y a congruence. Lorsqu4elle est opposée, il y a incongruence.

Une séance commence par l’induction qui est l’entrée dans l’état d’hypnose via une réorientation de l’attention de l’extérieur vers l’intérieur. Cette étape est suivie par l’approfondissement de la transe par la dissociation qui est une modification cognitive de la conscience du sujet, séparant l’inconscient et le conscient, où le patient devient acteur et spectateur. La profondeur de la transe est fonction des phénomènes hypnotiques observés. Suivent ensuite le réveil et la réassociation qui constituent la sortie de la transe hypnotique, phase très importante. Ensuite viennent les vérifications qui sont une phase d’observation des comportements et de questionnement afin de vérifier qu’aucun processus hypnotique ne persiste. Il s’agit aussi de donner au patient des renseignements sur le travail qui reste à faire.

Prenons l’exemple de la douleur. Il existe différents types de suggestion : Les suggestions directes d’analgésie, visant la diminution de la douleur, l’engourdissement de la zone ;Les suggestions indirectes, visant l’anesthésie d’une zone non douloureuse telle que le doigt ou la main, et la transmission de l’anesthésie vers la zone douloureuse ;Le déplacement de la douleur, consiste en le transfert de la douleur sur une partie du corps libre de douleur et moins chargée symboliquement. La dissociation consiste en l’observation de la douleur comme extérieure, sa description sans composante émotive, bref une séparation du corps et de l’esprit. La distorsion du temps permet de modifier la perception du temps (principalement lors de douleurs épisodiques). La distorsion perceptuelle et la création d’un « monde de fantaisie » modifie la perception générale de la douleur. La substitution de la douleur par une autre consiste en la suggestion d’une douleur plus agréable, plus confortable, plus banale qui va se substituer à la sensation de douleur existante (froid, picotements, chaleur). La concentration sur la douleur avec une nouvelle perspective applique le principe de « diviser pour mieux régner » où le patient acquiert une certaine forme de contrôle de sa douleur en disséquant ses composantes. Le changement de signification de la douleur permet de rendre supportable, par exemple la considérer comme un signal d’alarme. Cette approche est surtout intéressante dans les douleurs psychogènes car le sujet peut trouver un sens ou une signification à sa douleur ce qui le conduira à chercher une autre solution moins pathogène. Est également utilisé le changement de la signification de l’apparition de la douleur, notamment dans les douleurs épisodiques, l’accent étant mis sur l’apparition d’une nouvelle période calme. La régression en âge consiste en le retour à un âge antérieur à la douleur et à l’existence de la maladie permettant de faire accomplir des gestes aujourd’hui devenus impossible. L’imagerie neuropsychologique permet de visualiser des processus neuropsychologiques qui permettent le contrôle de la douleur (un filtre ne la laissant pas passer).  

La pratique de l’hypnose dans le soin

L’hypnose comme moyen d’entrer en relation avec le patient lors d’un soin ou d’une relation de soin dans un maximum de confort.

L’hypnose, état modifié de conscience et la science

Sur le plan scientifique, on ne disposait  que de données subjectives pour décrire et comprendre l’état hypnotique. Les seules données à disposition étaient recueillies par  l’électroencéphalogramme et demeuraient controversées…

« Après les différentes découvertes sur les voies de la douleur… », des tests scientifiques réalisés sur des sujets en état d’hypnose ont permis de démontrer que les changements subjectifs liés à l’hypnose sont accompagnés de modifications de l’activité neuronale. si la douleur est pénible, c’est parce que nous lui attribuons une charge émotionnelle (composante émotionnelle de la douleur),. La région spécifiquement mise en jeu par la douleur et identifiée grâce aux techniques d’imagerie est le Cingulum antérieur. Cette zone s’allume différemment en état hypnotique sur l’IRM fonctionnel

L’hypnose est donc bien un mode de fonctionnement cérébral spécifique où sont activés des zones sensorielles et motrices (pariétales, occipitales, préfrontaux et cingulaire)… traduisant une image visuelle, motrice et kinesthésique spécifique à l’état hypnotique, identifiable grâce aux techniques d’imagerie actuelle.

Notions sur l’hypnose

L’hypnose, qu’elle soit naturelle ou provoquée par la technique, est un état modifié de conscience, différent de l’état de conscience ordinaire, dans lequel le patient va puiser les ressources dont il dispose dans son Inconscient.

L’hypnose, c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne. M. Erickson

L’ hypnose dans le temps

Le Chamanisme, art de guérison et approche spirituelle existant depuis plus de 5000 ans, a un lien avec l’hypnose. On retrouve en effet dans le Chamanisme le principe de la transe, une transe induite par un rituel associant expression corporelle et état psychique particulier.

Les trouvailles les plus anciennes sont des tablettes de Sumériens, remontant à 4000  ans avant JC, qui décriraient des méthodes d’hypnose. Les Egyptiens et les Grecs auraient eux aussi pratiqué des techniques telles que la transe hypnotique ou la médecine par les  songes.

C’est en 1778 que la discipline fait sa réelle apparition en France, avec Franz-Anton Mesmer, qui a développé des théories sur le magnétisme, qui se rapporte aujourd’hui à l’hypnose. Les deux termes sont d’ailleurs synonymes jusqu’à la fin du XIXème siècle. Il se base sur des travaux de Paracelse, et affirme qu’un fluide « universel » est présent dans le corps humain, sur lequel il est possible d’agir : ce qui provoque les crises magnétiques.  

A partir de la fon du XVIIème siècle, les médecins commencent à s’intéresser aux états hypnotiques, autrefois jugés surnaturels, et ils cherchent même à les provoquer. C’est également à cette époque, que le sommeil « magnétique » a été utilisé pour la première fois comme anesthésiant pour une chirurgie pratiquée par le DR John Elliotson.

L’Ecole de la Salpêtrière à Paris a également contribué à développer la pratique de l’hypnose, surtout entre 1882 et 1892, avec notamment Jean-Martin Charcot, célèbre neurologue connu également pour ses recherches sur l’hystérie.

A l’aube du XXème siècle, Pavlov décrit l’hypnose comme un état intermédiaire entre le sommeil et la veille en phase d’inhibition du système nerveux » qui permet d’établir un lien avec le  praticien. En Russie, ses travaux servent de base à l’école nationale d’hypnothérapie.

En 1919, Pierre Janet est l’un des seuls en France à mener des recherches sur cette discipline, qui ne génère plus autant d’enthousiasme que dans les années 1880-1890.

Pendant la seconde guerre mondiale, la notoriété de l’hypnose augmente à nouveau car elle est de plus en plus utilisée pour venir en aide aux soldats ayant subi des traumatismes psychologiques.

Le tournant décisif est marqué par Milton Erickson qui l’a diversifiée et qui l’a rendue accessible grâce aux formations à l’hypnose. Il a aussi participé à la création de la Programmation Neuro-Linguistique AVEC Bandler et Grinder dans les années 70.

C’est Léon Chertok qui introduit le concept d’hypnose thérapeutique en 1971 et qui fonde le Laboratoire d’Hypnose Expérimentale à Paris.

L’Hypnose d’aujourd’hui est de plus en plus pratiquée dans une vision « humaniste » qui prend davantage en compte le bien-être du client et son environnement intérieur et extérieur.

Utilisée dans la thérapeutique douleur, l’hypnose est un outil de communication et surtout un outil de changement des bases qui définissent la relation thérapeutique. Le consultant est-il un visiteur, un plaignant, un client ?

La séance d’hypnose

1 – La veille ordinaire, les sens et la raison pour rester en relation avec l’extérieur (F Roustang / J Lassner).

2 – L’induction, le regard fixe un objet pour se couper de l’environnement (rêve), âme sentante (Hegel). Le praticien utilise les sens du patient (vision, ouïe, odorat, toucher) à différents moments, c’est-à-dire de manière alternée pour induire l’état de transe hypnotique.

3 – La dissociation, confusion, perte de la sensorialité liée aux fonctions réflexives, intellectuelles et sensorielles (perceptions visuelles, tactiles et sensorielles).

4 – La perception première qui fonctionne en dehors de la raison (ressources, imagination, inventivité) en relation avec son corps, une action de guérison.

5 – Le réveil, phase de retour vers la sensorialité

La synchronisation

La synchronisation verbale C’est être à l’écoute du patient, de ses mots, de ses intonations et de ses expressions…  Reformuler les mots clés, entendre ses silences,  Respecter le rythme.

La synchronisation non-verbale  C’est observer+++ et rechercher l’accordage avec son patient  dans une sorte de mimétisme corporel

  • La posture (position du corps…),
  • La respiration (rythme, amplitude…),
  • La voix (volume, tonalité…),
  • Les mouvements du corps (gestes…),
  • Le tonus musculaire (visage, mains…),
  • La peau (pâleur, rougeur…).

Les différentes méthodes

  • L’hypnose conversationnelle
    • Accompagnement verbal du patient
  • L’hypnose  légère
    • Focalisation d’un point, d’une situation connue agréable du patient
  • L’hypnose profonde (D. Megglé)
    • Dissociation /confusion, le corps ne perçoit plus de stimulations réflexives, intellectuelles et sensorielles
  • L’hypnoanalgésie
    • Technique de lévitation ou de catalepsie d’un membre, gant magique…
  • L’hypnosédation
    • Hypnoanalgésie avec une sédation médicamenteuse associée

Les différents types d’analgésie hypnotique

Le praticien utilise ce que dit le patient de sa douleur et l’accompagner sous la forme d’un dialogue (question-réponse) ou d’un accompagnement narratif. Il s’adresse ,non pas à la conscience rationnelle mais, à l’imaginaire du patient avec des métaphores, laissant l’inconscient transformer le rapport du patient aux symptômes

  • Mise à distance du stimuli douloureux
    • Externalisation du processus douloureux
  • Création d’une analgésie localisée
    • Gant magique, bain froid, stylo analgésique…
  • Technique du poing fermé  Concentration, fixation  Augmentation et diminution de la douleur
    • Modulation du stimuli
  • Déplacement de la douleur
    • Localisation dans une autre partie du corps
  • Diminuer l’attention à la douleur
    • Technique de lévitation, de catalepsie
  • Envisager un avenir où la douleur sera moins ou pas présente
    • Utilisation d’une métaphore

Le savoir-faire en hypnose

Le savoir-faire, c’est savoir :

– Recadrer une plainte,

– Négocier un objectif,

– Créer l’alliance,

– Permettre une expérience émotionnelle correctrice chez un patient douloureux.

Les résultats d’une thérapie sont liés pour:

– 40 % à des facteurs liés au client,

– 30 % à la qualité la relation avec le thérapeute,

– 15 % aux espoirs et aux attentes du patient,

– 15 % pour la technique

Les champs d’intervention en milieu hospitalier

L’hypnose peut se pratiquer sur tous types de pathologies, sachant qu’elle deux orientations différentes.

Dans le cadre d’une psychothérapie, elle a une vocation curative, servant à accompagner le patient dans sa thérapie. Elle est notamment utilisée avec succès dans les addictions , les troubles du comportement alimentaire.  Dans le champ du somatique (douleur ou autre symptôme), l’hypnose ne va pas guérir la maladie, mais agir sur les symptômes, leur pénibilité. Il s’agit donc d’une thérapie complémentaire, utilisée notamment en cancérologie pour soutenir les patients  qui ont besoin de reprendre le contrôle sur certains symptômes (bouffées de chaleur liées à l’hormonothérapie, nausées d’anticipation liées à la chimiothérapie, douleur en lien avec une séquelle opératoire ou d’autre origine).

Certains actes chirurgicaux peuvent se faire sous hypnose avec un accompagnement solide (par exemple thyroïdectomie, mastectomie) en fonction de la durée de l’intervention, au confort du patient, et sur la demande du patient et lorsque les anesthésiants sont contre-ndiqués.

Les effets

Ce que l’hypnose apporte au SOIGNANT ?

Valorisant et gratifiant

Développe l’imaginaire et aiguise l’intuition

Authenticité et créativité++

Modification de la perception du travail par le soignant

Embellie et enthousiasme

Ce que l’hypnose apporte au PATIENT ?

Amélioration de la relation soignant/soigné Amélioration de la qualité de prise en charge du vécu de la douleur induite par les soins

Autonomisation des patients++

Satisfaction des patients

Ce que l’hypnose apporte au SERVICE ?

Porteur de qualité

Optimisation de la prise en charge du patient avec :

– diminution des drogues d’anesthésie

– diminution de la durée de SSPI et de la durée du séjour

– Vécu du patient mieux maitrisé lors des soins

Retentissement sur l’humeur et l’ambiance dans le service

Modifications comportementales perceptibles des acteurs

L’hypno-analgésie

Définition

L’hypnose thérapeutique est une expérience relationnelle entre un patient et son thérapeute mettant en jeu des mécanismes physiologiques et psychiques afin de mieux supporter, atténuer, voire supporter une pathologie douloureuse aigüe ou chronique.

Pas de sécrétion d’opioïdes endogènes mais des mécanismes plus complexes semblent empêcher l’information d’atteindre le cortex somato-sensoriel et d’y contrôler les informations  au-niveau spinal.

En imagerie = modification de l’activité cérébrale de ces zones lors de l’émission de suggestions.

L’hypnose et la pratique infirmière

Initier des actes SELON … le rôle propre infirmier

(CSP R4311-1 à R4311- 2)

Dans la prise en charge de la douleur… l’infirmier se doit:

  • D’évaluer la douleur( rôle propre)
  • De déterminer les actions nécessaires
    • Informer le médecin
    • Appliquer un protocole
    • Mettre en place des actions du rôle propre ( l’hypnoanalgésie en fait partie)

L’hypno-analgésie et les textes

Il s’agit d’une méthode non pharmacologique correspondant au développement des moyens non médicamenteux incités par le 3° plan douleur, mettant en œuvre des pratiques psychocorporelles.

Les textes relatifs à la profession infirmière et concernant en particulier les compétences infirmières dans ce domaine sont « muets » ; Aussi, certaines questions restent posées

  • L’ hypnoanalgésie n’est pas un acte médical donc…  ?
  •  La pratique fait partie des actes du rôle propre infirmier !

Il est toutefois nécessaire d’avoir été formé à cette pratique pour :

  • Acquérir les bases de compréhension de l’hypnose
  • Apprendre  à utiliser les différentes techniques utilisées en hypno analgésie
  • Identifier les limites de son champ d’action+++

Quelques balises

L’hypnose est-elle un acte sur prescription ou pas ?

  • L hypnose n’est pas une méthode de prise en charge donnant lieu à une profession règlementée – Aucun texte n’impose la prescription médicale.

L’hypno –analgésie /thérapie?

  • Le soignant paramédical peut pratiquer l’hypno-analgésie dans le cadre de son décret de compétences.

Exception: Pas de pratique d’hypnothérapie pour les infirmiers, formation réservée aux psy…

L’auto-hypnose

Quelles utilités à pratiquer l’auto-hypnose

L’auto-hypnose est utilisée pour son effet bénéfique sur la douleur, la souffrance et l’inconfort de vie des patients. C’est la suite logique d’une prise en charge par l’hypnose médicale, elle peut s’avérer efficace dans le traitement de la douleur aigüe et chronique, la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil….

Les effets de l’hypnose :

  • La sensation de détente mentale et de relaxation,
  • L’attention soutenue et absorbée,
  • L’absence de jugement, de contrôle et de censure,
  • La suspension de l’orientation temporo-spatiale et du sens de soi… Une expérience d’involontarité.

L’hypnose est un état de conscience modifiée. C’est aussi un état d’élargissement du conscient ouvert à la suggestion. Pour comprendre l’hypnose, il faut comprendre ce qu’est une transe hypnotique et une suggestion.

L’hypnose vient du dieu Hypnos qui était dans la mythologie grecque le dieu du sommeil. Mais en hypnose,  on ne dort jamais ; on s’approche énormément du somnambulisme, on n’est en aucun cas endormi. Lorsqu’un hypnotiseur tel que Mesmer dit à un sujet « dors », le sujet ne dort pas. L’ordre « dors » est seulement un mot d4ancrage qui permet au sujet de se relâcher de se détendre.  On commence à parler d’hypnotisme en 1843 avec James BRAID  qui parle de magnétisme animal, théorie fluidique. C’est un peu plus tard en 1880, qu’Ambroise-Auguste LIEBEAULT parle de suggestion hypnotique. Dans les années 1900, Milton ERICKSON a révolutionné l’hypnose avec une hypnose non plus directive, mais une hypnose métaphorique. Notre inconscient comprend en effet très bien les métaphores.

La transe est un état naturel que nous avons en nous. Sur une période de 4 heures dans une journée, nous sommes à peu près 20 minutes en transe. Il peut s’agir de 4 fois 5 minutes, 2 fois 10 minutes… mais notre cerveau se met en veille, pendant laquelle il présente une ouverture à la suggestion. Par exemple, vous roulez en voiture depuis un certain temps, vous connaissez le chemin, vous roulez et d’un coup, vous partez dans vos pensées. Soudain, devant vous, çà freine, les feux stop du véhicule qui vous précède s’allument… et là… réflexe, vous freinez et vous avez cet espèce de réveil. Avant ce réveil, alors que vous étiez dans vos pensées, vous étiez en transe. Donc lors d’une transe pendant un séance d’hypnose, le sujet n’est jamais inconscient ; il sait ce qui l’entoure, mais est dans un état de conscience modifiée, et très ouvert à la suggestion.

La suggestion, c’est que va faire un hypnotiseur. S’il dit au sujet qu’il est complètement détendu, relaxé, il va l’être. S’il dit au sujet que sa main va s’envoler, l’inconscient va faire que la main du sujet va devenir légère et léviter. Le sujet est conscient et a l’impression que sa main se lève toute seule mais c’est l’inconscient qui travaille. Donc en hypnose, le praticien parle à l’inconscient. En hypnose thérapeutique, le praticien travaille avec tout le monde, car tout le monde est réceptif à l’hypnose, à des degrés différents.

On peut donc distinguer

– l’hypnose de rue et l’hypnose de spectacle qui va s’adresser à des personnes très réceptives (20% de la population mondiale. Cette catégorie n’est pas dénuée de danger (il existe des tutos sur internet montrent des inductions rapides le plus souvent, mais qui ne permettent pas de détenir toutes les clés de l’hypnose et notamment comment réveiller une personne hypnotisée).

– l’hypnose spirituelle qui parle de l’identité en soi, avec une transe très profonde.

– et l’hypnose thérapeutique, de plus en plus reconnue notamment dans le traitement des addictions, du stress , l’anxiété, les phobies, la confiance en soi, mais aussi les allergies cutanées, les douleurs chroniques, le poids …

Nous allons surtout nous intéresser à cette dernière. Elle nécessite de bonnes bases. Tout d’abord le VAKOG.

Visuel

Auditif

Kinesthésique

Olfactif

Gustatif

Ce sont nos 5 sens, qui vont nous permettre d’analyser les personnes. Il s’agit de bien les écouter. Exemple lorsque le patient s’exprime : « vous voyez ce que je veux dire » (visuel), « vous comprenez ce que je veux dire » (auditif), « je prends les choses en main maintenant » (kinesthésique), «je ne sens pas cette situation » (olfactif), « ce qu’il m’a dit la dernière fois, m’a laissé un goût amer » (gustatif). Les personnes disent qui elles sont. Seulement dans 7% des cas, les mots ont un impact, alors que dans 54%  des cas, c’est le corps qui parle le plus, et dans 39% restants, c’est la voix, son intonation.

L’hypnose permet aussi l’apprentissage des langues. Le sujet est en transe hypnotique profonde dans un état de complète relaxation.

L’hypnose est donc un outil génial qui est aussi utilisé tout le temps, tous les jours, par les pubs, le marketing,  les managers, les politiciens. Ils utilisent tous un langage hypnotique. Exemple : « le changement , c’est maintenant ».  Il s’agit purement d’un langage hypnotique. « Le changement »… de quoi ? « C’est maintenant» c’est quand ? Chacun l’interprète comme il veut. Ce qui est très utile quand on fait de la vente, ou dans les soins. Avec un langage hypnotique, le praticien va rechercher la transe et faire partir le sujet vers l’imaginaire. Un bon exemple est le « bisou magique » qu’on va faire avant un soin.

 En tant que professionnels de santé, nous infligeons des douleurs à nos patients. Tous gestes confondus, l’intensité douloureuse est rapportée comme étant intense, même extrêmement intense dans 57% des cas. Chez l’enfant porteur d’un cancer, 49% des patients soulignent que c’est la douleur liée au traitement qui est la plus difficile à supporter.  Comment gérer cette douleur ?

Pour commencer, nous avons un cerveau mais 2 hémisphères.

L’hémisphère cérébral gauche est l’hémisphère cérébral du Conscient, le scientifique, le rationnel, le logique, celui qui calcule. Il régit environ 15% de l’activité neurologique.

L’hémisphère droit est l’hémisphère cérébral de l’Inconscient. C’est l’anticipation, l’imagination, la créativité… Il régit 85% de l’activité neurologique. Cet hémisphère ne comprend pas la négation.

Si on vous demande de ne surtout pas penser à une superbe Ferrari rouge. Quelle image avez-vous en tête ?… Une Ferrari rouge, puisque l’inconscient ne comprend pas la  négation. Nous pouvons faire le lien avec nos patients auxquels nous disons souvent : « Ne bougez pas », « n’ayez pas peur », « vous n’avez pas froi ? »« çà ne va pas vous faire trop mal »,… Au final, que retient la patient ? Eh bien les termes plutôt à connotation négative : bougez, peur, froid, trop mal… Il faut donc supprimer ces termes de notre langage, pour utiliser des termes à connotation positive : « restez tranquille », « rassurez-vous », « avez-vous suffisamment chaud », « çà va se dérouler parfaitement bien »,.. En utilisant ces termes, nous allons insister sur la tranquillité, la détente, la chaleur, le déroulement parfait.

Selon une étude américaine proposé par un médecin radiologue, le Dr Elvira LANG, sur la communication soignant-soigné relative aux soins médicaux et paramédicaux sur un groupe de 160 patients, plus le patient est prévenu de la douleur, plus il est anxieux et douloureux.  Donc modifions notre façon de communiquer.

Par ailleurs, le cerveau dispose une neuromatrice, c’est à dire un regroupement de régions cérébrales qui sont activées lorsqu’une douleur est ressentie. Donc, si nous devons réaliser un prélèvement sanguin, dire au patient : »je vais vous piquer », génère l’anticipation de la douleur.  En effet, la neuromatrice  s’active de 40%, c’est-à-dire que le patient fabrique de la douleur, perçoit, ressent une douleur de 40% alors que nous n’avons pas commencé à piquer. Nous pouvons faire le lien avec la fonction d’anticipation, d’imagination de l’hémisphère droit. Nous avons tous vécu cette situation de soin dans laquelle le paient est tendu, crispé alors que nous n’avons fait que le prévenir. Donc, il convient de ne pas prévenir (pour éviter l’anticipation) mais trouver la juste communication. En effet, il ne s’agit pas de prendre le patient par surprise, mais de se positionner entre les deux.

La douleur n’est pas que de la douleur, elle est anticipée ce qui génère de l’anxiété et donc l’attention est focalisée sur la douleur et plus on focalise, plus on a mal… bref un cercle vicieux. Nous allons travailler sur la focalisation de l’attention sur la douleur et défocaliser le patient de sa douleur pour diminuer l’anticipation et l’anxiété, voire supprimer la sensation de douleur. Quand l’esprit est ailleurs, le corps ne souffre pas. Comment faire ?

La technique de défocalisation qui va apporter un confort absolu au patient, qui est accessible à tous, qui ne nécessite pas de don particulier pour un soin réussi. Cette technique est rapide à mettre en œuvre et la formation à cette technique est courte (3 jours) : il s’agit de…l’hypnose ou plutôt l’hypno-analgésie, méthode naturelle, sans danger et simple à mettre en oeuvre… Dans cette formation les apprenants travaillent sur l’anticipation de la douleur, supprimer le vocabulaire négatif et apprendre les techniques de communication, travailler sur la focalisation de la douleur et défocaliser le patient de sa douleur en l’amenant ailleurs en provoquant un état modifié de conscience… c’est à dire agir sur tous ces paramètres qui construisent la douleur, cette douleur complète qui nous pose tant de problèmes lors de la prise en soin des patients douloureux lors des soins.

Author: sfl73_pass_Sa03Na08

DIPLOMES 1980 Diplôme d’Etat d’Infirmière 1996 Diplôme de Cadre de Santé 1998 DU de Soins Palliatifs 2007 DU Ethique Soins et Santé PARCOURS PROFESSIONNEL 1980-1983 Infirmière AU CHU de Rouen 1983-1995 Infirmière dans les services de Médecine et de Cure Médicale dans un Hôpital Local Faisant fonction de cadre à partir de 1989 Infirmière Coordinatrice du SSIAD rattaché à l’établissement en 1993 1996-2002 Cadre de Santé au CHU de Rouen dans différents services, de nuit puis de jour 2002-2005 Cadre de Santé en EHPAD dans un CH de la région Normandie, responsable de 6 unités de soins soit 167 lits et chargée de missions transversales (notamment la Gestion des Risques) 2005-2018 Cadre de Santé Formateur à l’IFSI du CHU de Rouen TRAVAUX REALISES: mise en place d'un SSIAD, Transmissions ciblées, Chef de projet sur la réalisation d'un film illustrant le protocole de pose d’une bande de contention veineuse et présentation dans différents congrès, évaluation de la prise en charge de la douleur, évaluation de l'éducation des patients sous AVK, référent SIIPS, Participation au groupe de travail sur la mise en place des CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition) à la DHOS, gestionnaire de risques, animateur d'un groupe d'évaluation dans le cadre de la certification, réalisation d'audits, participation à l'élaboration et à la réactualisation de protocoles de soins. PARTICIPATION AUX INSTANCES: Conseil d’Administration, Commission de Soins, CLAN.

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