Réponses aux arguments des opposants aux vaccins contre le Covid-19 – 10/13

Je poursuis ma campagne contre les inepties publiés par certains sur les réseaux sociaux avec ce 10ème article sur 13 arguments initialement recensés. Mais, je pense que je vais continuer au-delà car les fakes et divers détournements fleurissent tous les jours.

Argument n°10 : Le vaccin AstraZeneca contient de l’adénovirus de chimpanzé et des OGM, … du rein embryonnaire humain modifié.

>>> FAUX

Les rumeurs vont bon train autour de l’utilisation de fœtus avortés dans le vaccin d’AstraZeneca et circulent sous différentes versions depuis fin 2020. Plus récemment, une photo de la notice du médicament a circulé en ligne accompagnée de ce commentaire : « Le vaccin AstraZeneca contient de l’adénovirus de chimpanzé et des OGM, bon ça on le savait… Mais… il y a aussi… Regardez par vous-mêmes c’est inscrit noir sur blanc… “Du rein embryonnaire humain modifié”… Le vaccin AstraZeneca est donc produit à partir de cellules embryonnaires prélevées lors d’avortements datés, puis cultivées depuis des décennies… »

Le texte établit ensuite un lien entre le supposé prolongement de l’avortement jusqu’à neuf mois de grossesse, et l’utilisation de fœtus avortés dans le vaccin????

Le vaccin de AstraZeneca est accusé d’être produit dans des cellules de rein embryonnaire humain génétiquement modifiées. Il contiendrait des OGM (selon le site mesvaccins.net) et serait composé d’un adénovirus vivant et affaibli, de singe. Dans le génome de ce virus, les scientifiques auraient injecté la protéine [du coronavirus], identifiée comme étant la clé qui permet au virus de s’introduire dans les cellules humaines.” Cette technologie serait donc différente de l’ARNm, mais toucherait quand même au contenu de nos cellules par sa technique OGM. Ce nouveau vaccin, selon ses détracteurs n’a pas été davantage testé que les autres vaccins anti-covid, et les essais cliniques sur les humains ont démontré un taux anormalement élevé d’effets secondaires. Le risque que les personnes vaccinées avec ce vaccin soient contagieuses est inconnu… Lors d’expériences animales en laboratoire, tous les singes vaccinés ont quand même contracté le virus. (Journal Dailymail.c.o.uk / 2020). Voilà pour les propos des opposants au vaccin

Qu’en est-il ? Reprenons sérieusement les trois points

Le vaccin AstraZeneca contient de l’adénovirus de chimpanzé Et alors?

Effectivement, ce vaccin ne repose pas sur le principe de l’ARN messager mais de l’adénovirus. Concrètement, il s’agit d’utiliser un virus affaibli pour transporter une petite partie de l’ADN du coronavirus dans notre corps et lui apprendre à se défendre. Et précisément, le vaccin d’AstraZeneca utilise un adénovirus de chimpanzé pouvant provoquer des rhumes bénins chez l’animal et inoffensif pour l’homme. Le matériel génétique de l’adénovirus a été modifié pour qu’il ne puisse pas se multiplier à l’intérieur du corps et infecter d’autres cellules. L’adénovirus sert simplement de véhicule pour faire entrer la séquence génétique dans vos cellules. Voilà pourquoi il est appelé « vecteur viral ». Après tout, les virus ont été conçus par des milliards d’années d’évolution, précisément pour trouver des moyens de se faufiler dans les cellules hôtes. Quant aux autres vaccins à adénovirus : le laboratoire américain Johnson & Johnson  utilise l’adéno 26, et le vaccin Spoutnik V, du laboratoire de recherche russe Gamaleya, utilise quant à lui des souches d’adéno 5 et 26. Voilà pour le premier point.

Je rappelle au passage, pour ceux qui sont choqués qu’on utilise de l’adénovirus de chimpanzé, qu’à l’origine, le sérum anti tétanique était lui, obtenu en prélevant des anticorps provenant uniquement du sang de chevaux vaccinés. 🙂 🙂 🙂

Modélisation moléculaire d’adénovirus

Le vaccin de AstraZeneca contiendrait des OGM

Les vaccins ARN comme ceux de Pfizer et Moderna qui utilisent une synthèse chimique d’ARN messager de la protéine de spicule, encapsulée pour mieux pénétrer dans les cellules, cherchant ainsi à provoquer la réponse immunitaire contre la protéine de spicule du virus ne sont pas des vaccins OGM. En revanche, on peut dire que les vaccins adénovirus recombinants d’AstraZeneca, de J&J et Spoutnik utilisent un virus génétiquement modifié. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement ? Nous venons de voir que le vaccin AstraZeneca utilise une approche par « vecteur viral ». Ce vecteur viral est le fameux adénovirus – agent pathogène qui provoque un rhume commun. Cet adénovirus a été couplé à la même séquence génétique de protéine de pointe que celle du coronavirus et sert simplement de véhicule pour faire entrer la séquence génétique dans vos cellules. Le génie génétique est une partie essentielle du processus de développement. D’abord, les virus vecteurs sont dépouillés de tous les gènes qui pourraient être nuisible pour nous et provoquer une maladie, ainsi que de tous les gènes qui provoquent la réplication, de sorte que le virus est inoffensif et ne peut pas se répliquer. Ensuite, les gènes de la protéine de pointe du coronavirus sont ajoutés – une utilisation classique de l’ADN recombinant. Donc oui, l’emploi du vaccin AstraZeneca signifie bien qu’un virus génétiquement modifié est injecté dans votre corps. Et c’est une bonne chose, car dans le passé, par exemple avec le vaccin contre la poliomyélite, les virus vivants contenus dans le vaccin pouvaient parfois muter et redevenir pathogènes, provoquant une polio dérivée du vaccin. N’est-il donc pas préférable d’utiliser un virus génétiquement modifié qui ne peut pas causer de tels dommages ? En outre, ce type de vaccins suit une voie réglementaire différente de celle des ARN, avec “des essais plus poussés”.

Il existe bien sûr une défiance autour de cette méthode à cause des controversés OGM utilisés dans l’agriculture . Mais en médecine, nous venons de le voir il s’agit d’adénovirus génétiquement modifiés déjà utilisés depuis un bon moment dans la thérapie génique, contrairement à l’ARN messager, qui est une nouvelle technologie qui sera commercialisée pour la première fois. Elle a notamment été utilisée pour Ebola. D’ailleurs plusieurs vaccins basés sur adénovirus sont dans des essais cliniques et précliniques. Outre le vaccin contre le virus Ebola, ceux développés contre le VIH, le virus de la grippe, le falciparum de bacille de la tuberculose, et de Plasmodium sont actuellement sous des tests cliniques humains. Il y a également des vaccins sous des essais précliniques développés contre le virus de la rage, le virus de dengue, et le coronavirus respiratoire de syndrome de Moyen-Orient.

Le vaccin de AstraZeneca serait produit dans des cellules de rein embryonnaire humain génétiquement modifiées

Alors reprenons tout cela sérieusement (quitte à répéter des choses que j’ai déjà dites dans des articles précédents):

Il existe plusieurs manières de produire un vaccin, mais le principe est toujours le même : il s’agit de stimuler les défenses immunitaires d’un organisme afin qu’il puisse se défendre contre un agent infectieux (virus, parasite ou bactérie).

Les chercheurs ont donc besoin de cultiver ces germes en laboratoire sur des milieux de culture principalement d’origine animale ou de synthèse qui apportent les nutriments nécessaires à leur développement. Un virus ne peut pas se reproduire seul, il est donc impossible de le cultiver sans cellule vivante. Pour les vaccins contre la grippe ou la fièvre jaune, certaines cultures se font sur des œufs de poule (Source : Vaccination-Info Service).

Le vaccin anglo-suédois AstraZeneca, autorisé en France depuis le 2 février, est un vaccin à base de vecteur viral, dérivé d’un adénovirus de chimpanzé. Ce dernier, qui n’est pas pathogène pour l’homme, a été transformé et adapté pour lutter contre le virus responsable du Covid-19. Au cours du processus de production de ce vaccin, les chercheurs se sont appuyés sur des cellules vivantes qui proviennent d’une lignée cellulaire humaine créée il y a plus de cinquante ans (voir article précédent sur vaccins et cellules de fœtus avortés). Je vous renvoie à un de mes articles précédents (n°8 sur 13).

Et comme l’indique la publication qui circule en ligne, la lignée cellulaire mentionnée par AstraZeneca est dénommée « HEK 293 ». Il s’agit de cellules humaines d’origine embryonnaire qui ont été immortalisées au début des années 1970. La lignée cellulaire HEK 293 a en effet été conçue en 1973 aux Pays-Bas par le chercheur canadien Frank Graham à partir de cellules embryonnaires rénales d’un fœtus avorté. Cette lignée cellulaire a permis aux thérapies géniques et à la conception de vaccins de beaucoup progresser. En effet, dans le milieu de la recherche, des lignées cellulaires sont couramment utilisées pour les cultures de virus. Hormis celle utilisée par AstraZeneca, on peut citer la lignée MRC-5 obtenue à partir d’un fœtus avorté en 1966 qui a permis de créer le vaccin contre l’hépatite A au début des années 1990.

AstraZeneca a donc bien eu recours à des lignées cellulaires d’un fœtus avorté, mais aucune cellule de fœtus n’est présente dans le vaccin. Certes, les cellules HEK 293 sont d’origine embryonnaire, mais comme je l’ai déjà expliqué dans l’article 8, elles sont des répliques des cellules originellement prélevées sur le fœtus avorté des années 1970. Ces cellules ont été “immortalisées” à l’époque, ce qui signifie qu’elles ont été modifiées génétiquement pour acquérir la capacité de se multiplier à l’infini. Ce sont les descendantes des cellules isolées et transformées dans les années 1970 , car de telles cultures de cellules peuvent être amplifiées puis conservées dans l’azote liquide et être décongelées suivant les besoins. Il est donc trompeur d’affirmer que le vaccin conçu par AstraZeneca contiendrait des traces de fœtus humain. D’autant que les cellules embryonnaires ne se retrouvent pas dans le produit final.

Enfin, l’argument qui établit un lien entre ces cellules embryonnaires et un supposé prolongement de l’avortement jusqu’à neuf mois relève de l’intox. A l’été 2020, dans le cadre du projet de loi bioéthique, un amendement a clarifié le motif de détresse psychosociale dans la législation encadrant l’interruption médicale de grossesse, que la loi autorise sous certaines conditions sans restriction de délai. L’interruption volontaire de grossesse, elle, peut-être effectuée jusqu’à la fin de la 12e semaine de grossesse. Dire que l’avortement serait prolongé jusqu’à neuf fois est faux.

Webographie

Author: sfl73_pass_Sa03Na08

DIPLOMES 1980 Diplôme d’Etat d’Infirmière 1996 Diplôme de Cadre de Santé 1998 DU de Soins Palliatifs 2007 DU Ethique Soins et Santé PARCOURS PROFESSIONNEL 1980-1983 Infirmière AU CHU de Rouen 1983-1995 Infirmière dans les services de Médecine et de Cure Médicale dans un Hôpital Local Faisant fonction de cadre à partir de 1989 Infirmière Coordinatrice du SSIAD rattaché à l’établissement en 1993 1996-2002 Cadre de Santé au CHU de Rouen dans différents services, de nuit puis de jour 2002-2005 Cadre de Santé en EHPAD dans un CH de la région Normandie, responsable de 6 unités de soins soit 167 lits et chargée de missions transversales (notamment la Gestion des Risques) 2005-2018 Cadre de Santé Formateur à l’IFSI du CHU de Rouen TRAVAUX REALISES: mise en place d'un SSIAD, Transmissions ciblées, Chef de projet sur la réalisation d'un film illustrant le protocole de pose d’une bande de contention veineuse et présentation dans différents congrès, évaluation de la prise en charge de la douleur, évaluation de l'éducation des patients sous AVK, référent SIIPS, Participation au groupe de travail sur la mise en place des CLAN (Comité de Liaison Alimentation Nutrition) à la DHOS, gestionnaire de risques, animateur d'un groupe d'évaluation dans le cadre de la certification, réalisation d'audits, participation à l'élaboration et à la réactualisation de protocoles de soins. PARTICIPATION AUX INSTANCES: Conseil d’Administration, Commission de Soins, CLAN.

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