Réponse rapide

La variole a été éradiquée grâce à la vaccination, mais aussi grâce à l’identification rapide des cas, à leur isolement, à la recherche des contacts et à la vaccination en anneau autour des foyers. Le dernier cas naturel de variole a été observé en 1977. Après vérification internationale, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré la maladie éradiquée en 1980.

Qu’était la variole ?

La variole était une maladie infectieuse provoquée par le virus variolique, ou Variola virus. Elle se transmettait principalement lors de contacts étroits avec une personne malade et, dans certaines conditions, par des objets contaminés. Après une période d’incubation, elle provoquait notamment une forte fièvre puis une éruption évoluant en pustules.

Deux formes principales étaient décrites. Variola major était la plus grave, avec une mortalité importante et des séquelles fréquentes chez les survivants, notamment des cicatrices et parfois une cécité. Variola minor était généralement moins mortelle. Les personnes qui guérissaient acquéraient habituellement une immunité durable.

Il ne faut pas confondre la variole avec la varicelle, causée par un virus différent, ni avec la mpox. Ces maladies peuvent provoquer une éruption, mais leur histoire, leur transmission et leur prise en charge ne sont pas identiques.

Avant le vaccin : la variolisation

Bien avant Edward Jenner, différentes sociétés avaient observé qu’une exposition contrôlée à du matériel provenant de lésions varioliques pouvait protéger contre une infection ultérieure. Des pratiques de variolisation sont documentées en Asie, en Afrique et dans l’Empire ottoman, avec des méthodes et des récits historiques variés.

Au début du XVIIIe siècle, Lady Mary Wortley Montagu observa la pratique dans l’Empire ottoman et contribua à la faire connaître en Grande-Bretagne. La variolisation pouvait provoquer une maladie moins sévère que l’infection naturelle, mais elle restait dangereuse : la personne inoculée pouvait développer une variole grave et transmettre le virus.

MéthodePrincipeLimite majeure
VariolisationExposition volontaire à du matériel varioliqueRisque de maladie grave et de transmission
Vaccination jennerienneUtilisation d’un orthopoxvirus apparenté, historiquement la vaccineTechnique et production initiales encore rudimentaires
Vaccination moderne antivarioliquePréparations standardisées de virus vaccinal vivantEffets indésirables imposant une indication encadrée

1796 : l’expérience de Jenner

Des éleveurs et médecins avaient remarqué que les personnes ayant contracté la vaccine, une maladie des bovins transmissible à l’être humain, semblaient protégées contre la variole. En 1796, le médecin anglais Edward Jenner inocula à James Phipps, un enfant de huit ans, du matériel prélevé sur une lésion de vaccine. Il exposa ensuite l’enfant à la variole selon les pratiques de l’époque et observa qu’il ne développait pas la maladie.

Cette expérience serait aujourd’hui contraire aux règles éthiques de la recherche. Elle doit être racontée dans son contexte sans la reproduire comme un modèle. Jenner publia ses observations en 1798 et contribua à diffuser la vaccination. Le terme vient du latin vacca, la vache.

Jenner n’a pas inventé l’idée de protéger par inoculation, et d’autres personnes avaient utilisé la vaccine avant lui. Son rôle historique tient à la documentation, à la publication et à la diffusion d’une méthode qui évitait d’utiliser directement le virus variolique.

Du geste individuel à la santé publique

Au XIXe et au XXe siècle, la vaccination antivariolique s’est organisée à plus grande échelle. La qualité des préparations, les méthodes de conservation et les dispositifs d’administration ont progressé. Des politiques obligatoires ont aussi suscité des résistances liées à la sécurité, à la liberté individuelle, aux inégalités et à la confiance envers les institutions.

L’histoire de la vaccination n’est donc pas une marche simple vers le progrès. Des accidents, des pratiques coercitives et des inégalités d’accès ont existé. Les étudier permet de comprendre pourquoi la sécurité, le consentement, l’information et la transparence sont indispensables.

La campagne mondiale d’éradication

L’Assemblée mondiale de la Santé lança un programme mondial en 1959, avec des résultats limités faute de moyens suffisants dans certaines régions. En 1967, l’OMS intensifia la campagne. Des vaccins thermostables, l’aiguille bifurquée et une organisation de terrain plus rigoureuse rendirent les opérations plus efficaces.

La surveillance plutôt que la seule vaccination de masse

Vacciner un pourcentage élevé de la population ne suffisait pas toujours à interrompre chaque chaîne. Les équipes recherchaient activement les cas, confirmaient les foyers, isolaient les malades et identifiaient leurs contacts. Elles vaccinaient alors les personnes autour du cas, puis les contacts de ces contacts. Cette stratégie dite de surveillance-endiguement ou de vaccination en anneau concentrait les efforts là où le virus circulait.

  1. Repérer rapidement une personne présentant une éruption compatible.
  2. Enquêter et confirmer le diagnostic.
  3. Isoler le cas pour limiter les contacts contagieux.
  4. Identifier les personnes exposées.
  5. Vacciner autour du foyer et surveiller l’apparition d’autres cas.
  6. Documenter l’absence de transmission avant de conclure.

Pourquoi l’éradication était-elle possible ?

  • Le virus ne possédait pas de réservoir animal durable connu.
  • Les cas symptomatiques étaient généralement reconnaissables.
  • Un vaccin efficace était disponible.
  • La surveillance et la vaccination en anneau permettaient d’interrompre les chaînes.
  • Une coopération internationale a été maintenue jusque dans des régions difficiles d’accès.

Ces caractéristiques ne se retrouvent pas pour toutes les maladies. Le succès contre la variole ne signifie donc pas que le même calendrier soit possible pour n’importe quel agent infectieux.

Les derniers cas et la déclaration de 1980

DateÉvénement
1975Dernier cas naturel connu de Variola major, au Bangladesh
1977Dernier cas naturel connu de variole, en Somalie
1978Infection mortelle liée à un accident de laboratoire au Royaume-Uni
1979Commission internationale certifiant l’éradication
1980Déclaration officielle de l’éradication par l’Assemblée mondiale de la Santé

Le dernier cas naturel connu fut diagnostiqué en 1977 chez Ali Maow Maalin, en Somalie. Après deux années d’enquêtes et de vérifications, une commission internationale conclut à l’interruption de la transmission. Le 8 mai 1980, l’Assemblée mondiale de la Santé déclara la variole éradiquée.

Pourquoi le vaccin n’est-il plus administré à tout le monde ?

Après l’éradication, le risque d’exposition naturelle a disparu. Les vaccins antivarioliques vivants peuvent provoquer des effets indésirables, parfois graves, surtout chez certaines personnes immunodéprimées ou atteintes de maladies cutanées. Lorsque la maladie ne circule plus, le rapport entre bénéfice et risque ne justifie plus une vaccination systématique de toute la population.

Des stocks de vaccins sont conservés pour la préparation aux situations exceptionnelles. Des professionnels présentant un risque particulier peuvent recevoir une vaccination selon des protocoles précis. Cette politique dépend des autorités sanitaires.

Variole et mpox : quel lien ?

La mpox est causée par un autre orthopoxvirus. L’immunité induite par des vaccins antivarioliques peut offrir une protection croisée, ce qui explique l’utilisation de vaccins de nouvelle génération dans certaines stratégies contre la mpox. Cela ne rend pas les deux maladies identiques.

Une éruption évocatrice nécessite une évaluation médicale et, selon le contexte, un test. Une photographie ou une comparaison en ligne ne suffit pas à poser le diagnostic.

Ce que cette histoire enseigne aux soignants

Une technologie ne suffit pas

Le vaccin fut essentiel, mais l’éradication dépendit aussi des équipes de terrain, de la notification, de l’enquête, de la logistique et de la confiance des communautés.

La qualité des données guide l’action

Les cartes de cas et les recherches de contacts permirent d’orienter les doses là où elles étaient nécessaires. Un objectif de couverture ne remplaçait pas la vérification de l’interruption réelle des transmissions.

Le consentement et la confiance comptent

L’histoire contient des succès mais aussi des pratiques coercitives. Une politique efficace sur le plan biologique peut échouer si elle ignore les droits, les inquiétudes et les conditions de vie.

Questions fréquentes

La variole existe-t-elle encore dans la nature ?

Aucune transmission naturelle n’est connue depuis 1977. Des échantillons officiels de virus sont conservés dans des laboratoires hautement sécurisés désignés par l’OMS.

Jenner a-t-il créé le premier vaccin ?

Son travail a donné son nom et une méthode reproductible à la vaccination, mais il s’appuyait sur des observations antérieures. La variolisation était pratiquée depuis longtemps dans plusieurs régions du monde.

Pourquoi parle-t-on de vaccine et de vache ?

La vaccine était une infection apparentée observée chez les bovins. Le mot vaccination a ensuite été étendu par Louis Pasteur à d’autres méthodes d’immunisation.

Peut-on encore attraper la variole après une vaccination ancienne ?

La maladie ne circule plus naturellement. La protection vaccinale diminue avec le temps, mais la question ne se pose que dans des situations exceptionnelles évaluées par les autorités.

Sources

Cette synthèse historique a été révisée en août 2026. Elle ne constitue pas une recommandation vaccinale individuelle.