HYPNOSE ET SOINS INFIRMIERS

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Interpellée par un article récent publié dans Objectifs Soins sur le sujet et par une émission qui met en avant les possibilités de l’hypnose, j’ai voulu approfondir le sujet.
Les médias avec des émissions comme « Stars sous hypnose » nous montrent des aspects inattendus et surprenants de l’hypnose. Toutefois, dans le quotidien des professionnels de santé, l’hypnose ne revêt pas cet aspect spectaculaire, mais elle offre de nombreuses possibilités intéressantes pour les patients, notamment dans le domaine de la douleur. 

DEVELOPPEMENT PROFESSIONNEL CONTINU ET HYPNOSE
L’article d’Objectifs Soins nous recentrent sur l’hypnose pratiquée par les professionnels de santé. L’Agence Nationale du Développement Professionnel Continu (ANDPC) a diffusé les règles selon lesquelles les actions de formation continue relatives à l’hypnose destinées aux professionnels de santé pouvaient être acceptées. En effet, les formations à l’hypnose destinées aux infirmiers dans le cadre de la formation continue, se peuvent être prises en charge que si ces professionnels pratiquent ensuite l’hypnose en équipe, dans le cadre d’un projet de soin et sous responsabilité médicale.
Dans la Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM), l’hypnose est un acte thérapeutique pour le système nerveux, non remboursable. La pratique de l’hypnose n’est pas réglementée, bien qu’ayant un sens en anesthésie en matière de lutte contre la douleur, et n’a pas fait l’objet d’une évaluation clinique. Cependant, l’hypnose n’est pas un acte neutre puisqu’elle modifie l’état de conscience du patient avec de possibles effets sur les patients fragiles psychologiquement. Il n’existe pas d’études sur ses éventuels effets indésirables et son innocuité est incertaine, bien que ses avantages soient indéniables (diminution des doses d’anesthésiants, diminution de la douleur) . L’hypnose nécessite un savoir-faire pour ramener le patient à son état de conscience initiale et des compétences cliniques pour évaluer l’état psychologique du patient et son évolution, compétences que possèdent les médecins, les anesthésistes réanimateurs et les psychiatres.
L’absence de réglementation signifie-t’elle que tous les professionnels de santé peuvent la pratiquer à condition d’être formés ? Et quelles formations sont adaptées ?
Comme nous venons de le voir, l’hypnose est un acte médical selon les études de l’INSERM, les positions du Ministère de la Santé et le CCAM. Elle induit des modifications de la conscience et nécessite des compétences précises. Un professionnel de santé mal formé peut faire courir des risques au patient. Par ailleurs, certaines formations ne sont pas conformes aux règles précisées par l’ANDPC : formation d’une journée destinée exclusivement aux infirmiers, congrès d’une journée. Il est donc impératif de clarifier la situation de l’hypnose dans les soins et de se diriger vers une pratique encadrée, ar des personnes compétentes ayant bénéficié d’une formation rigoureuse. Pour un infirmier, voulant se former à l’hypnose, une formation de type Diplôme Universitaire, gage d’acquisition d’une formation complète, est recommandée. Cette formation doit prendre en compte les spécificités de la pratique de cet acte, pratique intégrée à un projet d’équipe sous encadrement médical.
Former à l’hypnose, certes, mais de quoi parle-t’on exactement ? Quelle différence entre l’hypnose des médias et celle des professionnels de santé ?

QU’EST CE QUE l’HYPNOSE ?
Il en existe plusieurs définitions.
Selon le dictionnaire Larousse , c’est :
1. Un état de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion.
2. Un ensemble des techniques permettant de provoquer un état d’hypnose, utilisées notamment au cours de certaines psychothérapies.
Il est de coutume de laisser le terme en minuscule pour parler de l’état de conscience (« hypnose »), et de mettre une majuscule au mot lorsqu’on parle de la technique (« Hypnose »).
Pour Milton Erickson (1980), l’hypnose est un état de conscience dans lequel vous présentez à votre sujet une communication, avec une compréhension et des idées, pour lui permettre d’utiliser cette compréhension et ces idées à l’intérieur de son propre répertoire d’apprentissages.
Pour Daniel Araoz (1982), c’est un état dans lequel les facettes mentales critiques sont temporairement suspendues, et où la personne utilise principalement l’imagination ou les processus de pensées primaires. Le niveau d’hypnose, sa « profondeur », dépend du degré d’implication imaginaire.
Pour André Weitzenhoffer (1988), les états de transe seraient un sous-groupe des EMC ; les états hypnotiques étant eux-mêmes un sous-groupe des états de transe.
Pour Léon Chertok (1979) L’état hypnotique apparaît donc comme un état de conscience modifié, à la faveur duquel l’opérateur peut provoquer des distorsions au niveau de la volition, de la mémoire et des perceptions sensorielles – en I’occurrence dans le traitement des informations algogènes (de la douleur).
Pour faire simple, l’hypnose serait donc un état de conscience modifié dans lequel le sujet est en contact avec sa créativité et son potentiel, mais où l’esprit critique est mis de côté ou diminué. C’est en quelque sorte un espace des possibles où l’on peut influencer l’inconscient et utiliser ses ressources.
Il existe plusieurs types d’états hypnotiques selon les signes (profondeur) et les phénomènes apparaissant chez le sujet (catalepsie, analgésie, anesthésie, distorsion du temps, amnésie, hallucinations…)
L’hypnose est un état naturel que nous pouvons vivre plusieurs fois par jour (rêverie, cinéma, trajet sur autoroute… ) Ce sont des situations dans lesquelles nous perdons la notion du temps où nous sommes sur pilote automatique (l’inconscient). Autant dire que tout le monde vivant au quotidien cet état naturel qu’est l’hypnose, tout le monde est hypnotisable ! Les personnes difficilement hypnotisables seraient les personnes souffrantes de certains handicaps ou ayant de grandes difficultés de concentration ou d’écoute. L’hypnose est indissociable de la suggestion. La personne suggestible est avant tout dotée de grandes capacités d’imagination, de créativité et pas nécessairement faible. La suggestibilité est une grande qualité quand cette capacité est maîtrisée.


Nous recevons des suggestions par notre environnement depuis notre naissance. Et l’expérience d’hypnose thérapeutique peut être assimilée un déconditionnement, une ouverture à de nouvelles possibilités, voire une délivrance pour certaines personnes en grande souffrance.
Souvent, lorsque l’on parle d’hypnose, on imagine un médecin avec un pendule ou un homme charismatique dans un cabaret ou à la télé qui crie « DORMEZ », claque des doigts et la personne s’effondre instantanément comme si elle dormait… Pour l’hypnothérapeute , cette hypnose spectaculaire dite « classique » est une voie qui permet de faire basculer rapidement un sujet très suggestible dans un état de conscience modifié. Mais, tout le monde n’est pas aussi réceptif ou suggestible à ce type d’hypnose ! En effet, environ 1 personne sur 5 étant suggestible, les hypnotiseurs de spectacles réalisent une présélection des sujets par des tests progressifs de suggestibilité. Par ailleurs, cette hypnose classique est caractérisée par un style très directif et par la mise en place de suggestions directes (injonctions données avec un style plutôt autoritaire). Cette hypnose pionnière des années 1800, a néanmoins permis d’ouvrir la voie vers l’hypnose que nous connaissons aujourd’hui.
Milton Erickson a développé les bases de la communication à l’inconscient, repoussant les limites de l’hypnose classique avec une prise en compte des spécificités du sujet et une adaptation du thérapeute aux perceptions et au monde du patient. A partir des travaux d’Erikson, de Gregory Bateson ou encore Paul Watzalwick, l’école de Palo Alto a développé les théories de la communication systémique. Dans la lignée d’Erickson, le courant de nouvelle Hypnose est né, focalisé sur le développement personnel. L’hypnose Humaniste qui travaille en ouverture de conscience en fait partie.
Puis, il existe une Hypnose informelle, subtile, qui utilise tous les rouages de la communication Ericksonienne et de domaines transverses de la psychologie et de l’influence mentale pour communiquer et influencer la relation. En apparence, le sujet ne semble pas hypnotisé…. On parle d’hypnose conversationnelle ou de communication hypnotique, particulièrement utile dans le contexte thérapeutique, de coaching et dans tout domaine de la communication (pédagogie, vente, marketing, politique, plaidoiries…).

ET L’HYPNOSE MEDICALE DANS TOUT CA ?

L’hypnose médicale est une technique qui plonge le patient dans un état de conscience modifié entre veille et sommeil (l’état hypnotique) qui permet au praticien d’intervenir pour soulager les maux et troubles. A l’aide d’associations d’idées et/ou de suggestions, le médecin aide le patient à comprendre, accepter, gérer certaines situations qui le font souffrir. L’hypnose médicale n’a donc rien de magique et la personne hypnotisée reste maîtresse de ses actes. Elle ne soigne pas la pathologie mais bien la façon dont la personne l’appréhende. Le patient doit participer, être capable de voir les choses autrement, ne pas être trop rigide, accepter de lâcher prise pour se laisser guider au cours de séances.
Les propriétés de l’hypnose médicale dans le traitement de la douleur ne sont plus à démontrer. Selon l’Académie Nationale de Médecine, l’hypnose médicale serait particulièrement intéressante pour traiter la douleur liée aux gestes invasifs chez l’enfant et l’adolescent et pour les effets secondaires des chimiothérapies cancéreuses. Elle est aussi pratiquée en soins palliatifs. Son efficacité a été également prouvée dans la réduction du stress en cas d’opération chirurgicale et peut être une aide complémentaire dans le traitement de la dépression. Par ailleurs, l’hypnose est de plus en plus utilisée comme thérapie complémentaire lors des sevrages tabagique, à l’alcool, dans le traitement des troubles anxieux, psychosomatiques et du comportement alimentaire.

Le déroulé d’une séance : l’hypno-thérapeute choisit certains mots et/ou associations d’idées, pour placer le patient dans un état hypnotique qui va l’aider à atténuer ses troubles ou douleurs. Les séances se déroulent généralement sur le même schéma (phase d’induction, puis de dissociation-confusion et ouverture), mais le patient n’en a pas vraiment conscience, les praticiens étant formés pour s’adapter à chaque cas et modulant ainsi les séances.

LA COMMUNICATION HYPNOTIQUE (AUSSI APPELEE COMMUNICATION THERAPEUTIQUE)

Dans le quotidien des infirmiers, l’hypnose comme science de l’intercommunication a toute sa place dans l’objectif d’améliorer la qualité des soins : lutte contre l’anxiété et le stress, aide dans la compréhension d’un diagnostic annoncé par le médecin, soulagement de la douleur chronique, aide dans la gestion des traitements médicamenteux et des effets secondaires, bientraitance. Elle facilite le travail des soignants et le valorise en remettant l’humain au premier plan.

« … la communication hypnotique est l’application d’une technique relationnelle, qui cherche à séparer le patient de la réalité environnante, pour l’immerger dans un changement suggéré à l’imagination afin de procurer, dans le cadre de l’anesthésie, une analgésie ou une anxiolyse ».         SFAR 2009

De nombreux infirmiers sont par conséquent intéressés par ces formations à l’hypnose ou plutôt à la communication hypnotique. Ces formations améliorent, en effet, leurs capacités de communication, d’écoute et d’empathie (car tous les soignants ne sont pas dotés de l’empathie naturelle attendue d’un personne qui prend en soin une autre personne). Ces capacités, naturelles chez certains, sont en tous cas abordées lors de la formation initiale (dans l’UE 4.2 en particulier).
La communication hypnotique est un moyen de modifier les comportements des soignants avec un impact positif sur les patients. Elle peut être utilisée à tous les instants de la vie professionnelle après une formation courte ou une formation permettant d’accéder à une expertise. En effet, dans toute situation de soin (entrée au bloc opératoire, ponction veineuse, …), souvent anxiogène pour le patient, la relation peut être facilitée si le soignant a une attitude positive et utilise des moyens simples (verbaux, non verbaux, paraverbaux), témoins d’une capacité relationnelle renforcée et de la conscience de l’importance de la relation dans le soin. Est-il utile de rappeler que TOUT SOIN S’INSCRIT DANS UNE RELATION. Communiquer lors d’un soin, c’est établir un lien entre le soignant et le soigné, et ce lien peut influencer positivement ou négativement le soin. Au-delà des aspects formels de la communication sur lesquels on peut jouer (se mettre au même niveau que le patient, expliquer ce qu’on va faire, …), on peut aussi ajouter des éléments d’hypnose comme un exercice dit de dissociation hypnotique, faisant appel à l’imaginaire du patient. Cette communication hypnotique facilite le soin et permet aussi de désamorcer des situations difficiles ou en prévenir l’apparition. En induisant un léger état de conscience modifiée chez le patient, il peut facilement suivre des suggestions qui lui sont faites et s’appuyer sur son imaginaire pour mieux vivre le soin. Cette approche abordée dans l’UE 4.2 mériterait d’être approfondie.

 La communication hypnotique (Interview de Antoine Bioy).

……
Une illustration de cela ?
Lorsque vous êtes soignant et que vous devez effectuer un prélèvement en chambre, vous pouvez bien sûr suivre la règle du » plus c’est bref, mieux cela sera « . On lance juste un » ne vous inquiétez pas, ça ne va pas faire mal » puis un » attention, je pique « , et on pense que le patient va vite oublier tout ça. Mais précisément le patient n’oublie pas vite, et au second prélèvement aura une anxiété plus importante qui rendra le geste plus difficile. De plus, le ressenti douloureux sera accru, d’autant que le cerveau ne fonctionnant pas à la négative, lorsque l’on dit à un patient » ça ne va pas faire mal « , et bien c’est le concept de douleur qui est éveillé dans le cerveau et qui rend le patient très vigilant à tout inconfort…
Egalement, entrer dans une chambre, effectuer son geste avec certes précision et rapidement, exclut le patient de la relation, fait qu’il va se tendre, voire qu’il rentrera en confrontation avec le soignant » vous me faites mal ! Je veux plus, stop ! « .
Le même soignant peut rentrer dans la chambre, peut s’assoir pour préparer son geste, échanger quelques mots en étant à hauteur du visage de l’autre, présenter ce qu’il va faire en annonçant » savez-vous que chaque inconfort peut être évité lorsque l’on sait mieux s’installer pour se détendre un peu plus ? Et pendant que je prends soin de votre bras, je vais vous indiquer comment vous pouvez faire « . Ensuite, un simple exercice que l’on dit de dissociation hypnotique, faisant appel à l’imaginaire du patient, suffit pour que le geste se passe simplement pour le soigné comme pour le soignant. C’est cela que l’on apprend dans la formation que nous proposons.

…….

Un exemple, cette fois avec un patient enfant ?
Avec un enfant, on fait très volontiers de la distraction. Suivant son âge, on peut utiliser des bulles de savon, un jouet plein de couleurs et de mouvements, ou autre. Mais on peut aussi aller plus loin, et lui dire par exemple » tu crois que c’est du chaud ou du froid qui peut endormir un peu ton bras pour qu’il ne ressente que ce qui va bien ? Du froid, OK, et tu pourrais souffler un peu de froid là juste ici où je te montre ? Mais il faut un souffle bien particulier, un peu magique, montre-moi comment tu fais… On accompagne l’enfant pour qu’il entre en hypnose progressivement en quelques souffles… Là, il est bien endormi maintenant ton bras ? OK, tu peux maintenant aller par la pensée dans ta chambre et me choisir un jouet qui va te câliner un peu ? « . Dans cet exemple, c’est le patient qui fait, il est expert, il prévient lorsqu’il est prêt, et ainsi il valide lui-même que tout va bien aller. Lorsque l’on obtient cela juste par ce lien appelé communication hypnotique, on sait que le geste se passera du mieux possible pour tous.

Antoine Bioy, Docteur en psychologie clinique et pathologique. Responsable scientifique de l’IFH. Responsable du cycle d’hypnothérapie. Hypnothérapeute attaché au CHU Bicêtre. Enseignant-Chercheur à l’université de Bourgogne.

La communication est la base de la situation de soins et de la relation soignant/soigné. Il est donc nécessaire d’adopter une communication   efficace et chaleureuse pour accompagner le patient, faciliter et faire accepter les soins,  motiver le patient à évoluer vers un mieux-être. Ce qui était jusque- là enseigné (communication bienveillante, empathie) est aujourd’hui insuffisant au regard des connaissances sur l’ hypnose et le cerveau. Dans un prochain article, j’aborderai plus en détail la communication hypnotique. En attendant, voici deux videos illustrant…. ce qu’il ne faut pas faire (la négative)…. et ce qu’il faut faire (la positive). Bon visionnage!!!

Manutention manuelle des patients

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Il y a déjà un petit moment que je veux aborder un sujet qui me tient à cœur : la manutention manuelle des patients. En effet, formée depuis plusieurs années à la méthode Paul Dotte et formateur à mon tour,  je trouve que la manutention n’est pas toujours considérée comme un soin à part entière … et pourtant.

  • Dans le secteur des soins, les professionnels sont confrontés à différents types de personnes. Certaines présentent des incapacités physiques, d’autres, des incapacités psychiques. Dans les deux cas, les soignants se retrouvent face à des limitations de la mobilité des personnes prises en soin.
    La mobilisation et la manutention des personnes ne sont pas toujours réalisées avec des aides techniques (fauteuils roulants, déambulateurs ou cannes). Dans de nombreuses situations, le soignant n’a que ses mains pour lever, mobiliser, tourner et plus encore la personne soignée, ce qui est souvent difficile et n’est pas sans risque. En effet, il existe de nombreuses situations dans lesquelles la manutention est inévitable et peut provoquer des blessures chez la personne soignée et chez le soignant, si elle n’est pas réalisée dans le respect des règles de sécurité. Les lombalgies sont encore trop souvent le lot des soignants. Et de nos jours, avec les lits à hauteur variable souvent montés trop haut, les cas de lésions de l’articulation de l’épaule sont devenues légion.
    En effet, la manutention, lorsqu’elle ne respecte pas ces règles peut entraîner :
A proscrire absolument. Ne jamais rehausser un patient en le prenant par les aisselles… vous risquez à terme de léser l’articulation de l’épaule et entraîner des incapacités et donc une dépendance de ce patient pour certains actes de la vie quotidienne.

– Des troubles musculo-squelettiques chez le soignant pouvant rendre ce dernier incapable d’exercer;

– Des blessures chez la personne soignée comme chez le soignants (par exemple, consécutives à une chute , ou encore à des rehaussements au lit ou au fauteuil en prenant le patient par les aisselles !!!!);

– Une atteinte à l’estime de soi chez la personne prise en soin (par perte d’autonomie si le soignant ait à la place de la personne systématiquement, ou au contraire une perte de confiance si le soignant demande au patient quelque chose au-delà de ses capacités).

Si le soignant a les connaissances requises, il peut assurer la manutention en sécurité pour lui-même et pour le patient. Ce qui signifie :

  • Connaître l’anatomie et la physiologie en lien avec la mobilisation (notamment celle du rachis, des articulations, des muscles…)
  • Avoir acquis les techniques de manutention pour prendre en soin le patient avec sécurité et confort (à ce titre, exit les bijoux tels que montres-bracelets et bagues, que de toute façon tout bon soignant a laissé dans son vestiaire ou dans son sac !
  • Communiquer avec le patient (afin de connaître ses souhaits, l’informer sur le soin à venir, lui donner les consignes nécessaires à sa participation….) 
  • Connaître la législation (réglementation du travail, droits des personnes et responsabilités des soignants)
  • Savoir évaluer la situation de la personne soignée afin d’identifier ses capacités et les gestes à éviter (c’est-à-dire utiliser la raisonnement clinique)
  • Respecter la dignité de la personne soignée

En manutention, il s’agit de prendre en considération les souhaits du patient, notamment en lien avec le confort. Le soignant doit s’efforcer de maintenir l’indépendance du patient, voire la restaurer lorsque c’est possible. Il fait en effet l’encourager lorsqu’il peut effectuer un mouvement : « tout faire pour lui, mais rien à sa place » !

Je ne peux donc qu’encourager les soignants à améliorer leurs connaissances à ce sujets et leurs techniques puisque infirmiers et aides-soignants sont déjà sensibilisés lors de leur formation initiale (cependant seuls, dans ces deux catégories, les aides-soignants reçoivent une formation suffisamment approfondie avec, en sus, une évaluation). Et pour ceux qui ne sont pas formés, suivez une formation dans laquelle vous serez assurés d’être actifs (simulation oblige !).
A SUIVRE

Serious games, Kézako?

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Les Serious Games sont des jeux vidéo destinés non pas à se divertir, mais à se former, éduquer ou rééduquer puisqu’ils peuvent être utilisés pour la formation des étudiants, mais aussi pour l’éducation des patients/ résidents ou de leurs aidants.. Ils font notamment partie des méthodes d’apprentissage par simulation selon l’HAS.

Mais de quoi parle-t’on exactement ?
La définition la plus synthétique d’un Serious Game est celle proposée par les concepteurs de jeux vidéo Michael et Chen (2005) : « Tout jeu dont la finalité première est autre que le simple divertissement ». Un Serious Game s’applique à de : éducation, santé, publicité, communication, politique, humanitaire, défense, religion, art… Vous vous en doutez, je vais surtout m’intéresser à l’aspect formation et éducation. Selon cette définition, un Serious Games est un jeu sur tout type de support. D’ailleurs, dans les années 1960-1970, les premiers exemples connus pour le secteur de l’éducation étaient principalement des jeux de cartes, de plateau ou de rôle. De fait , les étudiants d’IFSI dans le cadre de leurs études ont souvent créé de tels jeux destinés à l’éducation des patients. Depuis les années 2000, le concept a trouvé un nouvel élan sous l’appellation Serious Game, en se recentrant sur les jeux vidéo.

Les Serious Games à vocation pédagogique présentent des avantages
Un jeu adapté donnant des retours à l’apprenant sur ses actions, entretient sa motivation. Les Serious Games mettent à la disposition de l’apprenant un espace d’expérimentation dans lequel il doit exercer ses capacités à réfléchir. En effet, la plupart des jeux s’appuient sur un mode d’apprentissage par essais et erreurs : l’apprenant construit mentalement une « hypothèse », la teste dans le jeu qui lui donne alors un retour positif ou négatif, ce qui incite le joueur à affiner son hypothèse jusqu’à trouver la solution « gagnante ». Un autre avantage des serious games est la prise en compte des différences de rythme d’apprentissage. En effet, chaque apprenant peut progresser dans le jeu à son rythme : un élève qui a besoin de recommencer moult fois une séquence avant de comprendre la solution peut le faire sans crainte d’être jugé négativement par ses pairs, tandis que celui réussit rapidement n’est pas frustré d’avoir à attendre le reste du groupe.
Certains jeux sont multi-joueurs et permettent aux apprenants de travailler ensemble, de communiquer, collaborer en ligne et en personne. Ce type de serious game renforce donc les interactions pédagogiques entre les apprenants.
Le coût peut aussi être intéressant. En effet, la Haute Autorité de Santé recommande l’utilisation de simulateurs et de mannequins pour enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques, mais que ces installations sont très onéreuses (un mannequin à haute fidélité coûte environ 60 000 euros, créer une salle de simulation peut coûter jusqu’à 200 000 euros) . L’utilisation de Serious games peut être une alternative. Un Serious game existant coûte en moyenne environ 23 euros par licence et par an, alors qu’une formation présentielle revient en général à au moins 150 euros la journée pour un participant.

Mais, les Serious Games ont aussi des limites
Bien qu’efficaces pour transmettre ou évaluer des connaissances à certaines conditions, les Serious Games ne sont pas pour autant un « outil magique », et ne peuvent remplacer un enseignant. La principale limite est l’utilisation de serious games non pertinents. Tout comme, il existe différentes théories cognitives de l’apprentissage (behaviorisme, constructivisme,…), il existe différents types de serious games qui mettent à disposition des exercices ludiques, des entraînements, des situations simulées, des espaces d’expérimentation. Le formateur doit sélectionner le jeu le plus pertinent en fonction de ses étudiants et de ses objectifs pédagogiques. Il ne s’agit pas de mettre simplement le jeu à disposition des apprenants. Le rôle du formateur est central et indispensable pour l’acquisition de connaissance via le serious game, et ce, à travers le briefing réalisé avant la séance , l’accompagnement pendant le jeu et le debriefing réalisé après la séance. Une autre limite réside dans les contraintes matérielles et logistiques (ordinateurs ou consoles, achat de logiciels…). Car si le coût lié à l’utilisation de Serious games existant est intéressant, la mise en place de cet outil dans les IFSI ou dans les hôpitaux nécessite une réelle organisation. Si l’outil semble fédèrer la direction des soins, la direction de la formation, les services informatiques et les cadres de santé, avant de le mettre en place, il faut soi-même s’y former et trouver des référents qui puissent suivre l’ensemble des agents qui se formeront.

Il existe plusieurs approches possibles du serious game
Le jeu n’est qu’un outil supplémentaire dans la trousse du forma   , qui bien utilisé peut améliorer l’acquisition de connaissances ou de compétences par les apprenants, à condition que le formateur identifie les thématiques et les connaissances pour lesquelles le jeu est pertinent. Le formateur peut l’intégrer à sa pratique pédagogique
– En utilisant des serious games existants, solution la moins coûteuse comme nous l’avons vu
– En créant des jeux « sur mesure »
– En les faisant créer par les étudiants.

Utiliser les Serious games existants
Ces serious games sont commerciaux ou gratuits, et surtout non modifiables. Le formateur doit donc adapter son cours pour l’intégrer au jeu. Le choix du jeu le plus pertinent est difficile car les jeux en français sont relativement peu nombreux eu égard au coût lié à leur création par les entreprises spécialisées (en moyenne 150 000€). Restent quelques possibilités :
– Tester quelques serious games francophones existants pour identifier ls plus pertinents
– Recourir aux serious games anglophones en fonction de la maîtrise de l’anglais des étudiants, ou des jeux avec peu ou pas de texte
– Utiliser des jeux initialement prévus pour d’autres secteurs (humanitaire, écologie, medias, …) parfois pertinents pour la formation
– Détourner des jeux videos du divertissement pour qu’ils s’intègrent au cours.
Il existe quelques sites internet pour aider les formateurs
http://blog.seriousgame.be/
http://jeuxserieuxac-creteil.fr/
http://www.serious-game.fr/
http://www.seriousgameblog.com/
http://serious.gameclassification.com/

Créer un serious game « sur mesure »
Les jeux existants ne sont pas toujours adaptés à certaines thématique ou situation pédagogique. Reste alors à en créer un, avec deux options possibles.
Premier cas : le formateur dispose d’un budget pour travailler avec des professionnels du secteur qui s’occupe du travail technique de réalisation du jeu. Son rôle est alors de définir les objectifs pédagogiques du jeu qu’il devra ensuite évaluer. Le coût est variable : de quelques dizaines de milliers d’euros pour un Serious game simple, tel qu’un petit jeu en 2D sur smartphone, à plus de 500 000 € pour unjeu complexe tel qu’une simulation réaliste en 3D.
Dans la majorité des cas, le budget des IFSI ne permet pas cette option. Reste une solution plus économique, mais très chronophage, réaliser soi-même son Serious game. Les formateurs qui ne maîtrisent pas la programmation informatique peuvent avoir recours aux logiciels auteurs de création vidéoludique simples d’accès comme RPG Make ou The Games Factory.
http://creatools.gameclassification.com/FR/creatools/68-RPG-Maker-VX/index.html
http://creatools.gameclassification.com/FR/creatools/56-The-Games-Factory-2/index.html

Une solution intermédiaire peut être de modifier un jeu existant. C’est ce qu’on appelle le « modding ». En effet, certains sont fournis avec des outils permettant de le transformer tant qu’il reste dans le cadre défini par les créateurs du jeu.

Faire créer des Serious Games par les apprenants
Il est également possible d’imaginer des activités pédagogiques dans lesquelles le formateur demande aux apprenants de réaliser seul ou en petits groupes un Serious Game sur une thématique donnée. Cette thématique est le point d’ancrage des objectifs pédagogiques de l’activité :
Acquérir ou renforcer des connaissances et compétences différentes.
Ce genre d’activité s’inscrit dans des approches de « pédagogie active » ou « d’apprentissage par projets » dans lesquelles le formateur a un rôle d’accompagnant. Et les apprenants apprécient généralement ces activités très utilisées dans certaines unités d’enseignement ou d’intégration du programme de formation. D‘ailleurs, des concours de création de Serious Games par les étudiants existent. La création de jeux vidéo leur permet de développer leur créativité, mais favorise surtout diverses approches sur le contenu sérieux qu’ils doivent intégrer au jeu. Ce type d’activité pédagogique présente plusieurs aspects intéressants :
– Une forte motivation des apprenants à effectuer des recherches documentaires afin de réaliser le jeu sur la thématique choisie
– L’opportunité pour les apprenants d’échanger leurs points de vue sur la thématique traitée. Lorsque plusieurs groupes travaillent la même thématique, le traitement est différent d’un groupe à l’autre, ce qui enrichit les échanges.
– La possibilité d’aborder l’utilisation des médias dans la formation de leurs pairs ou dans l’éducation des patients. Lorsqu’un groupe d’étudiants réalise un Serious Game, il le présente aux autres étudiants et aux formateurs, ce qui suscite généralement un débat sur la question de la légitimité du jeu video comme support.

Quelques exemples d’utilisation des Serious Games
Expérimentation de Serious Game par des étudiants en soins infirmiers de 3ème année de l’IFSI de Blois
Cette expérimentation a été menée en partenariat avec une entreprise éditrice de solutions digitales pour la formation infirmière et également en utilisant des serious game disponibles sur internet. Les étudiants ont été mis en situation de testeurs de jeux sérieux. Les jeux utilisés dans la séquence pédagogique de l’IFSI de Blois, sont :
– «TSARA Autisme », édité par le Centre Aquitain d’Etudes, d’Actions et d’Informations en faveur des personnes en situation de vulnérabilité. Le jeu est destiné aux aidants familiaux et aux professionnels qui accompagnent les personnes autistes dans leur vie quotidienne. Pour plus d’informations voir http://www.tsara-autisme.com/


– « 4h30 Chrono, jeu réalisé par la Société Française NeuroVasculaire avec le soutien de Bayer HealthCare. Il est destiné à accompagner les professionnels de santé dans la prise en charge de l’accident vasculaire cérébral. Pour en savoir plus, voici le lien pour la video de présentation, https://youtu.be/Wrx2Iukpd5w


– Accueillir le patient et créer un climat favorable à l’entretien thérapeutique,
– Accueil et préparation du patient dans le cadre de la chirurgie ambulatoire.
Ces deux derniers jeux ont été créés par Synakène en collaboration avec des étudiants d’un institut en soins infirmiers d’île de France. Les jeux sont proposés aux étudiants dans le cadre d’un partenariat avec l’IFSI de Blois afin de les tester.
Pour en savoir plus, lire l’article paru dans InfoCefiec n°40 page 19 dont voici le lien https://www.cefiec.fr/InfoCefiec/InfoCefiec_n°40.pdf

L’exemple de l’IFSI de Chalon-sur-Saône : Le Serious game « Florence »
Le choix de cet IFQI s’est porté sur le serious game « Florence », en hommage à Florence Nightingale proposant une approche ludo-pédagogique et immersive sur diverses thématiques en soins infirmiers. Les serious games « Florence » sont en effet mobilisés dans différentes unités d’enseignements du référentiel de formation : Le risque infectieux en 1e année, maîtriser l’acte transfusionnel en 2e année et le circuit du médicament en 3e année.
Un article est consacré à l’utilisation du Serious Game « Florence » proposé aux étudiants de 2ème année pour « Maîtriser l’acte transfusionnel »
https://www.infirmiers.com/etudiants-en-ifsi/etudiants-en-ifsi/esi-apprendre-se

D’autres exemples de Serious Games à visée thérapeutique
D’origine américaine, le jeu Pulse!, utilisé pour la formation des infirmiers et des médecins américains, a été un pionnier du genre. Il est distribué en France par la société Interaction Healthcare avec notamment un projet plus récent, SIMUrgences, primé lors du Festival de la communication santé, à Paris. Il s’agit d’un module de formation des urgentistes et cardiologues qui fonctionne en présentiel, lors de réunions professionnelles. Les praticiens, iPad à la main, voient arriver un patient. Et doivent faire les bons choix pour le sauver – 2.000 variables vitales évoluent en temps réel. A la fin de la simulation, les choix des médecins sont discutés de manière collégiale.
Le Groupe Genius qui édite le blog serious-game.fr, est à l’origine du projet Az@game dont le but est de favoriser le maintien de l’autonomie chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de pathologies associées.
Avec Ehpad’panic, il s’adresse au personnel d’Etablissements d’Hébergement de Personnes Agées Dépendantes (aides-soignants, infirmiers, etc.) pour leur apprendre le bon comportement à adopter en cas de problème.


Les patients peuvent quant à eux s’amuser sur X-Torp, un jeu de bataille navale de diagnostic de l’évolution de la maladie. Ce dernier peut être utilisé simultanément par les malades et les aidants professionnels et familiaux, afin que chacun y trouve du plaisir.


L’entreprise développe également Voracy Fish, un jeu de rééducation des membres supérieurs post-AVC, élu meilleur projet industriel e-santé lors des Rencontres de la e-santé 2012.

 


D’autres jeux s’adressent au grand public. Par exemple, Staying Alive est une simulation dédiée à la formation aux gestes qui sauvent, développée par l’Université Paris Descartes et Dassault Systèmes qui ont lancé également en 2013 Born to be Alive, un jeu qui plonge les futurs parents dans un monde virtuel, afin d’apprendre les bons réflexes à adopter le jour de l’accouchement.

Pour conclure,
Concrètement le serious game est une déclinaison du jeu vidéo dans une version professionnellement utile. Il s’agit d’applications développées selon les mêmes principes de conception et de design qu’un jeu vidéo classique mais avec une portée pédagogique. Le serious game permet d’allier divertissement et développement des compétences et rend ainsi la formation plus attrayante.
Ces jeux permettent d’acquérir ou mobiliser des connaissances ou des compétences, d’en évaluer l’acquisition. Ils soont performants dans la formation tant initiale que continue des soignants, mais attention, ce sont des outils complémentaires des autres méthodes pédagogiques. Ils sont également utilisables par les soignants dans l’éducation des patients, par les patients eux-mêmes à visée de formation ou de rééducation, mais également par les résidents d’EHPAD et leurs aidants professionnels ou non.
Quant à déterminer quels jeux sont les plus faciles à intégrer dans la formation ou l’éducation pour la santé, l’approche « utiliser » des jeux déjà existants semble pour l’instant la plus courante. Les approches « créer » et « faire créer » sont plus complexes à mettre en œuvre, car coûteuses ou chronophages. Comme toute simulation, le serious game doit être utilisé avec l’accompagnement de formateurs qui présentent le jeu et ses objectifs pédagogiques, accompagnent les apprenants et réalisent le debriefing. Ce dernier est incontournable car il permet de remobiliser certaines connaissances, éclaircir certains points, transférer les paramètres du jeu dans la réalité, aider les apprenants à comprendre leurs erreurs.
En ligne ou via un logiciel, sur abonnement ou sur licence, sur ordinateur ou sur tablette : les solutions pour se former avec un serious game sont multiples et diffèrent selon les éditeurs.

Bibliographie-Sitographie
Damien Djaouti, « Serious Games pour l’éducation : utiliser, créer, faire créer ? », Tréma [En ligne], 44 | 2016, mis en ligne le 01 juin 2016, consulté le 05 janvier 2019

La simulation en Soins Infirmiers: Pourquoi? Comment?

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Hôpitaux sous tension, infirmiers pas assez nombreux et débordés, pénurie de terrains de stage pour les étudiants infirmiers,…  autant de raisons pour développer la simulation déjà largement utilisée dans la formation des soignants.  Par ailleurs, le profil des étudiants et des soignants a changé. Hyperbranchés, smartphones et internet sont devenus leurs outils quotidiens. Ils sont par ailleurs multitâches, préfèrent souvent le travail de groupe au travail individuel, et ont un besoin quasi-immédiat de feedback, de gratification et de félicitations. Ces caractéristiques demandent des approches pédagogiques différentes plus dynamiques et «dynamisantes» via les nouvelles technologies, des apprentissages expérientiels, des échanges et de la discussion autour de « vrais cas». Selon Weaver, les étudiants infirmiers actuels sont appelés à exercer leur future profession « dans des environnements de soins fort complexes», ils doivent donc être formés « au moyen de technologies qui offrent le plus haut niveau de réalisme». La simulation est une réponse en adéquation avec ces nouveaux profils. Elle permet de mieux préparer les étudiants (readiness for practice) en vue de leurs stages et de leur entrée sur le marché du travail en termes de :

–          Confiance en soi du fait du droit à l’erreur lors des simulations

–          Jugement clinique

–          Pensée critique

–          Résolutions de problèmes cliniques

–          Interdisciplinarité nécessaire dans l’organisation du travail du secteur de la santé

–          Diminution de l’anxiété favorisant les apprentissages.

La simulation optimise ainsi leur préparation aux évaluations qui sont pour eux une grande préoccupation, et contribue à l’     attraction des garçons vers une formation encore très (trop) féminine.

Leitmotiv de la simulation: jamais sur un patient la première fois

Suite à une démarche qualité impulsée par la coordination des instituts de formation d’un CHU, un groupe pilote rassemblant des formateurs de trois filières de formation initiale, dont l’IFSI, et de la formation continue, a diligenté une enquête sur les problématiques et les enjeux de la professionnalisation en 2016-2017. L’enquête portait essentiellement sur les attentes des professionnels vis-à-vis des jeunes diplômés après 6 mois d’exercice. Les attentes prépondérantes sont en lien avec l’éthique professionnelle, capacités relationnelles, les capacités relationnelles et le travail en équipe. Les habiletés techniques, qui figurent souvent dans les discours dominants, les capacités à prendre des décisions et les aptitudes à se positionner sont les trois derniers attendus. Il est vrai qu’au début de la professionnalisation, le soignant se centre sur la technicité avant de pouvoir ensuite privilégier la dimension relationnelle. La maîtrise de la gestuelle permet d’être plus attentif à cet aspect relationnel avec les patients. La simulation permet d’acquérir plus facilement cette technicité sans risque pour les patients. Elle permet également d’aller au-delà de la gestuelle grâce aux situations apprenantes qui mobilisent d’autres savoirs que les savoirs-faire. Depuis 2013, la France promeut la simulation comme « méthode prioritaire en formation initiale et continue afin de renforcer la sécurité des patients». Les mises en situation simulées apparaissent plusieurs fois dans l’annexe V de l’Arrêté du 29 juillet 2009 relatif au Diplôme d’Etat d’Infirmier. L’Arrêté du 26 septembre 2014 qui vient modifier celui de 2009 déjà cité, enfonce le clou quant à l’utilisation de la simulation, citée comme modalité pédagogique.

La simulation ne date pas d’aujourd’hui, puisqu’elle est utilisée dans la formation des soignants depuis des décennies. En témoigne le mannequin d’accouchement d’Angélique-Marguerite du Boursier du Coudray qui est une référence en termes de simulation, référence exposée au Musée de l’Histoire de la Médecine de Rouen. Mais le concept a pris un nouveau virage et il existe de nombreuses définitions de cette simulation.

Selon celle de l’HAS, « le terme simulation en santé correspond à l’utilisation d’un matériel (comme un mannequin ou un simulateur procédural), de la réalité virtuelle ou d’un patient standardisé pour reproduire des situations ou des environnements de soin, dans le but d’enseigner des procédures diagnostiques et thérapeutiques et de répéter des processus, des concepts médicaux ou des prises de décisions par un professionnel de santé ou une équipe de professionnels ».

Mannequin Haute-Fidélité

Selon Pierre Pastré[1], la simulation peut être utilisée dans le but d’apprendre à conceptualiser une situation ou bien améliorer les pratiques en apprenant à faire quelque chose, en utilisant un objet technique (comme un mannequin) ou en mettant en scène une situation simulée. L’objet de cet apprentissage par simulation peut être d’acquérir des habiletés, des procédures, des connaissances ou développer la coopération entre plusieurs acteurs. La typologie de la simulation est décrite dans le tableau ci-dessous :

Les apprenants sont confrontés à des situations choisies avec soin, situations comportant un problème. Les apprenants ne connaissent pas la procédure et sont donc en position d’apprentissage et doivent mobiliser différents niveaux de conceptualisation.

Le briefing permet aux formateurs de préciser la cadre de la séance et les objectifs précis avec un rappel de connaissances ou un apport supplémentaire de connaissances théoriques. La seconde phase est la mise en situation concrète filmée ou observée à travers une vitre sans tain. La dernière et essentielle étape est le debriefing qui aborde le vécu de l’apprenant, permet de lui délivrer le feedback et de le rassurer si besoin.

Les situations utilisées dans la simulation sont au centre du développement des compétences. Elle est « source de compétences » selon Jonnaert[2]. Le travail en équipe, le plus souvent en interprofessionnalité, est incontournable pour les infirmiers. Or, la simulation permet les interactions entre les étudiants, leur environnement et la situation de formation, et donc de faire émerger des conflits d’idées lors des interactions dans le groupe. Le formateur y a le rôle de guide, de facilitateur permettant aux étudiants de construire leurs propres compétences. Le formateur conçoit la séquence de simulation, élabore les savoirs de référence et dirige l’analyse des situations de travail cible de la formation lors du debriefing.  Ce temps du debriefing est le moment crucial d’une séance de simulation puisque c’est le moment où les étudiants peuvent prendre de la distance et analyser leur pratique, afin de devenir des praticiens réflexifs.

Debriefing

Néanmoins, la simulation dans les IFSI est parfois difficile à mettre en œuvre car , outre l’engagement des formateurs qui malgré l’aspect chronophage de la simulation, sont généralement parties prenantes, elle nécessite du matériel et des locaux adaptés, ainsi que le support d’un informaticien-technicien de maintenance notamment pour les mannequins haute-fidélité. Peut-être l’avenir est-il aussi dans l’interprofessionnalité incluse dans une formation par simulation qui regrouperait étudiants infirmiers, étudiants en médecine et d’autres dans des centres de simulation dédiés. Ce rêve me semble pour ma part accessible avec Le Medical Training Center qui s’est ouvert à Rouen en 2016, avec le soutien du CHU de Rouen, de l’Etat, de  la Région Normandie, l’Université de Rouen et la Métropole Rouen Normandie . Pour l’instant, les étudiants des différentes filières s’y croisent sans vraiment encore s’y rencontrer vraiment, en tous dans des situations simulées communes. Mais, le fait d’y avoir été invitée avec d’autres infirmiers comme intervenants permet d’espérer.

_______________________________________________________

[1] PASTRE Pierre, 2005,  » Apprendre par la simulation », 1ère édition, Toulouse, Octare Editions, pp 9-10.

[2] JONNAERT P, 2009, « Compétences et socio-constructivisme, un cadre théorique », 2ème édition, Bruxelles, De Boeck, p.77

Vaccination anti-grippale: extension des compétences des infirmiers , des sages-femmes et … des pharmaciens

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Été 2018: l’ HAS recommande  d’étendre les compétences de certains professionnels de santé pour la vaccination anti-grippale, à  savoir les infirmiers, les sages-femmes et les pharmaciens. La Commission Technique des Vaccinatons de la HAS (CTV)  a été saisie par la Direction Générale de la Santé (DGS) pour établir l’intérêt de cette extension  et de préciser les conditions de  la vaccination par ces professionnels, notamment les pré- requis en termes de formation.

En effet, la HAS préconise une expérimentation  de la vaccination anti-grippale sans prescription médicale, pour les individus de plus de 18 ans et éligibles aux recommandations vaccinales. Elle préconise de renforcer les exigences en termes de formation.

Si cette extension ne me pose pas de problème particulier pour les infirmiers et les sages-femmes, je m’interroge sur les compétences des pharmaciens à administrer le vaccin. Car si la délivrance du produit et les actions de prévention et de sensibiliser sont dans leur champ de compétences, qu’en est il de l’administration? Autant la traçabilité est dans leurs pratiques habituelles, ce n’est apparemment pas le cas de l’injection elle-même qui relève de la compétence médicale. L’injection figure comme acte sur prescription pour les infirmiers dans le Code de Santé Publique (article R4311-7 renforcé par l’article R4311-5-1). Ces derniers le pratiquent couramment depuis longtemps.

Les sages-femmes ont vu leurs compétences élargies dans l’article L4151-2 et le décret D2016-743 qui, suite aux recommandations du HCSP, prévoient la prescription et l’administration aux nouveau-nés et aux mamans ainsi qu’à leur entourage d’un certain nombre de vaccins, dont le vaccin anti-grippe.

Quant aux pharmaciens, ils ont participé à une expérimentation d’administration du vaccin anti-grippe pour lhiver 2017-2018, dans 2 régions: Auvergne-rhône-alpes et Nouvelle-aquitaine. Les pharmaciens doivent remplir certaines conditions: formation à l’administration (y compris par E-learning), disposer d’un bureau avec fauteuil et matériel d’urgence… Cette expérimentation doit être étendue pour l’hiver 2018-2029 à 2 autres régions supplémentaires: Hauts-de-France et Occitanie.

Il me paraît donc judicieux de voir ce que donne cette expérimentation.  Donc wait and see!

Suppression du concours d’entrée en IFSI et Parcours sup: beaucoup de questions encore sans réponse

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Cette fois, nous y sommes! Pour la rentrée IFSI 2019, exit le concours, bonjour le Parcours sup!  Ceci est la conséquence de la loi sur l’Orientation et la réussite des étudiants (ORE) de mars 2018. Le fameux concours est remplacé par une sélection sur dossier et un entretien motivationnel. Nous connaissions tous  les épreuves écrites d’admissibilité et l’épreuve orale d’admission. Forcément, la suppression dudit concours suscite des réactions chez les formateurs et chez les infirmiers. Cette bascule sur le logiciel Parcours sup n’en suscite pas moins.

Certes, le concours n’était sûrement pas la panacée. En effet, avec un bon entraînement,  les tests d’aptitude posaient peu de problème, et l’épreuve de culture générale donnait des résultats de plus en plus préoccupants au niveau de la maîtrise du français et de la réflexion sur les différents sujets. L’épreuve d »admission ne garantissait pas non plus à 100% l’aptitude à suivre la formation, pas plus que la réelle motivation pour le métier. Faut-il rappeler qu’une moyenne de 20/40 aux épreuves d’admissibilité et l’absence de note inférieure à 8/20 à l’une des épreuve était suffisantes pour accéder à l’entretien. Autant dire qu’un petit 12/20, facilement accessible et un 8/20 à l’épreuve de français (ce qui ne vole pas franchement haut) suffisaient. Et les critères de sélection de l’entretien étant peu ou prou connus des candidats via les écoles préparatoires ou internet, il pouvait être assez facile de jouer une pièce de théâtre pendant 30 minutes. Bon, j’exagère un peu car sur un jury de trois personnes (un cadre de santé gestionnaire d’une  unité de soins, un cadre formateur et un psychologue ou un pédagogue) repère quand même les candidats risquant de ne pas pouvoir suivre la formation pour des raisons intellectuelles ou psychologiques, ou encore les candidats non motivés. Néanmoins,certains candidats passaient à travers les mailles du filet, et bien entendu n’allaient pas au bout de la formation, prenant la place d’autres ayant eu des notes moins honorables mais motivés et travailleurs.

Alors en soi, la suppression du concours ne me pose pas plus de problème que cela. D’ailleurs moi-même, entrée à l’IFSI (appelé alors Ecole d’Infirmières. En effet, à cette période, le baccalauréat suffisait pour entrer, et la formation durait 28 mois!Je n’ai pas l’impression d’avoir été une  plus mauvaise infirmière que ceux qui sont entrés en 1978 avec un concours. D’ailleurs, nombreuses  sont mes  collègues de promo à être devenues (majorité de filles oblige) cadres de santé, voire directeur de soin. Bon, vous me direz: ce n’est pas parce qu’on devient cadre, qu’on a été une bonne infirmière….. C’est à voir!  Je vous laisse méditer là-dessus.

Revenons donc à notre concours… ou plutôt absence de concours, et cette histoire de sélection sur dossier et d’entretien motivationnel.

Quels seront donc les critères de sélection sur dossier? Seront-ils les mêmes pour tous les IFSI ? Quelles seront les conditions d’accès à la plate-forme parcours sup? Dans les dossiers actuels de Parcours sup, les étudiants doivent écrire une lettre de motivation. Certains petits malis n’hésitent pas à la faire écrire par un tiers. Il va donc falloir croiser les informations our une étude des dossiers au plus juste. Nous attendons de plus, une grille nationale avec des critères et des attendus nationaux.

Comment sera mis en place l’entretien motivationnel? Là encore, y aura-t’il des critères nationaux? Qui seront les professionnels assurant les entretiens? Qui les paiera?

Par ailleurs, le concours, payant, générait des recettes pour les  IFSI.  Quel sera l’impact financier sur eux?

Beaucoup d’IFSI faisaient le plein d’étudiants grâce aux listes complémentaires d’autres instituts. Comment vont donc être gérées les listes de promotion? N’y a t’il pas un risque que les quotas d’étudiants ne soient pas atteints pour certains IFSI? L’idée d’un modèle commun de sélection a été émise pour une étude des dossiers mutualisée.

Quels seront les critères pour les candidats relevant de dispense de formation tels que sages-femmes et médecins? Qu’en sera-t’il pour les AS-AP?

Pour les listes 1, qui s’inscrit sur le parcours sup? Les lycéens de terminale? Pour les bacheliers sui suivent une prépa, quelle sera la nature de cette prépa? Qu’en sera-t’il pour les étudiants ayant démarré un cursus universitaire? Et les promotions professionnelles? Les reconversions? Les demandeurs d’emploi?

Sans oublier l’impact de ce changement  pour les financeurs?

Venons-en au parcours sup

Qui sera chargé de référencer les IFSI et comment? Le candidat choisira-t’il nominativement un établissement? Fera-t’il des voeux de priorité? Se pose la question des ressources humaines, logistiques et matérielles à mobiliser pour gérer cette plate-forme.

Dans le fameux parcours sup  , en décembre, les lycées dédient une semaine à l’orientation pour permettre aux élèves de réfléchir à leur projet. En aparté, il serait judicieux que les conseillers d’orientation soient tous au clair avec le métier et la formation qui y mène. Ce serait utile pour bien conseiller les élèves bien avant la Terminale. Certains ne savent m^me pas que la réforme de 2009 a modifié cette formation qui est devenue universitaire avec les exigences que cela implique. Les infirmiers ne sont pas que des petites mains au service des docteurs. Les infirmiers PANSENT et PENSENT!!!!!

La plateforme Parcours sup est en ligne à la mi-janvier afin que les élèves (et leurs parents) se familiarisent avec l’outil. Ils peuvent aussi en parler avec leurs professeurs et saisir dès la dernière semaine de janvier jusqu’à 10 voeux sans forcément les classer.

En février, une seconde semaine est consacrée à l’orientation avec également les portes ouvertes des établissements. Les IFSI participent d’ailleurs activement. Cela permet aux élèves d’en savoir plus sur le contenu des formations s’ils ne l’on pas examiné avec précision. Car  il s’agit d’avoir l’esprit clair avant la saisie définitive des voeux qui doit avoir lieu avant la mi-mars. Le conseil de classe du second trimestre examine les voeux et le chef d’établissement transmet des fiches avenir aux établissements du supérieur demandés par l’élève.

Fin mai, les premières acceptations arrivent. Dès deux réponses positives, l’élève doit en choisir une et conserve ses voeux en liste d’attente. C’est en juillet que le bachelier s’inscrit dans l’établissement choisi et validé.

Si cette procédure est claire,  les questions sur le référencement des IFSI et les modalités du choix des dossiers  par les IFSI  restent sans réponse pour l’instant.

Ne boudons tout de même pas  les avantages pour les futurs étudiants liés à la suppression du concours et à l’intégration des IFSI dans Parcours sup annoncées par les ministres de la santé et de l’Enseignement supérieur le 5 juillet dernier, lors de leur visite à l’IFSI du CHU de Caen.

Les étudiants infirmiers pourront bénéficier de la carte étudiant de l’université avec, enfin, les mêmes droits et services de vie étudiante (médecine préventive, sport, bibliothèque…) que l’ensemble des étudiants dans le cursus LMD.

Les futurs étudiants n’auront plus besoin de se déplacer pour le concours par ailleurs payant, d’autant que souvent ils en passaient plusieurs, ce qui , en plus, leur coûtait « bonbon » (à eux ou leurs parents). Il reste quand m^me l’entretien motivationnel.

En conclusion, WAIT AND SEE. Je l’espère pas trop longtemps, car il va falloir informer les futurs candidats. 2019, c’est demain.

 

 

 

 

Prélèvements pour hémocultures : gants stériles ou pas gants stériles ? That is the question

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Comme je zieute de temps en temps sur les réseaux sociaux, je suis tombée aujourd’hui sur une question posée par un étudiant qui ne s’y retrouve pas dans les différents sons de cloche qu’il entend. Certaines réponses sont très logiques et cohérentes ; d’autres …. Beaucoup moins !

Faisons donc  le point….

Tout d’abord, sur quelles sources s’appuyer ?

L’observation des différentes pratiques infirmières sont une source facilement accessible, mais encore faut-il observer avec un œil critique, en comparant les phases observées aux recommandations de bonne pratique. Les sources fiables émanent de l’HAS et des CCLIN. Les protocoles d’établissement reprennent leurs recommandations. Les cours dispensés en IFSI reprennent également ces recommandations. Bien entendu, certains protocoles pêchent par excès, car qui peut le plus, peut le moins. Encore faut-il connaître l’argumentaire des choix réalisés dans les protocoles de certains établissements.

Sites web à consulter :site de l’HAS, Nosobase

Quelques petits rappels sur les prélèvements pour hémocultures

L’objectif d’une hémoculture est d’isoler le (ou les) micro-organisme(s) responsable(s) d’une bactériémie, de l’(les) identifier, de déterminer sa (ses) sensibilité(s) aux anti-infectieux et d’adapter le traitement. Dans certains cas, elle peut permettre de contrôler l’efficacité du traitement en cours.

Un prélèvement de qualité doit être aseptique (et là, je vous renvoie à la définition de cet adjectif « aseptique ») pour éviter la contamination dudit prélèvement ou du patient. Ce terme « aseptique » donne déjà la réponse à la question du titre de cet article

Quel matériel ?

Une hémoculture correspond habituellement à une paire de flacons (1 flacon aérobie + 1 flacon anaérobie). Il existe toutefois des cas particuliers :

  • Chez l’enfant et dans certaines pathologies où les germes anaérobies sont exceptionnels, on se limite habituellement à un flacon aérobie ;
  • En cas de recherche de levures, des flacons spécifiques sont utilisés.

Le matériel nécessaire à la réalisation d’une hémoculture comporte :

  • Les 2 flacons aérobie et anaérobie (flacons pédiatriques dans les cas d’enfants, pour prélever un volume £ 3mL)
  • Un dispositif de prélèvement sécurisé pour hémoculture
  • Les produits destinés à l’antisepsie de la peau
  • Des gants à usage unique non stériles
  • Des compresses stériles
  • Un garrot préalablement décontaminé
  • Du sparadrap
  • Détergent-désinfectant de surface
  • Un conteneur pour objets piquants et tranchants
  • Les étiquettes pour identifier les prélèvements + demande d’examen.

Comment faire une hémoculture ?

La pratique des prélèvements pour hémoculture expose les IDE aux AES /:AEV ; les hémocultures sont en effet les prélèvements les plus fréquents en milieu hospitalier. Il est donc impératif de respecter les précautions standard.

Sauf indication contraire lors de la prescription médicale, les hémocultures sont prélevées par ponction veineuse. Le recueil de sang à partir d’un cathéter augmente de façon significative le risque de contamination, aussi en cas de prélèvement sur cathéter ou tout matériel implantable, il est impératif de le signaler sur la feuille de demande d’examen.

Un constat est important à signaler ; le remplissage des flacons est une fois sur 3 insuffisant, ce qui constitue une perte de chance diagnostique. Il est donc essentiel d’optimiser les pratiques IDE :

  • Pour éviter les faux positifs, il faut réduire les contaminants afin que lors de l’examen direct, ce soit LA bactérie responsable qui soit détectée et non les contaminants ;
  • Pour éviter les faux négatifs, il faut maîtriser le volume de sang prélevé et faire en sorte que LA bactérie responsable soit dans le flacon.

Les facteurs clés pour une hémoculture de qualité

Avant le prélèvement

  • Fermer la porte de la chambre
  • Vérifier la prescription médicale et préparer la demande d’examen
  • Respecter les règles d’identitovigilance
  • Vérifier la limpidité et la date de péremption des flacons de prélèvements
  • Porter un masque de type chirurgical en cas d’affection respiratoire
  • Pratiquer une friction hydro-alcoolique

Le choix du site de ponction

  • La ponction veineuse périphérique est la seule méthode validée pour prélever le sang en vue d’une culture microbienne
  • Le prélèvement via un dispositif intra-veineux doit être évité, même si le patient est difficile à piquer !
  • Préférer l’avant-bras (ou à défaut le dos de la main) en évitant de piquer du côté où a été réalisé un curage ganglionnaire, sur un bras hémiplégique ou sur une zone d’affection cutanée
  • Après repérage de la « bonne » veine, réaliser de nouveau une friction hydro-alcoolique
  • Enfiler les gants à usage unique

Une asepsie rigoureuse+++

  • Avant le repérage du site de prélèvement, désinfecter l’opercule des flacons avec une compresse imbibée d’antiseptique (le plus souvent Bétadine alcoolique) = action mécanique et laisser la compresse sur le flacon jusqu’au prélèvement = temps de contact suffisant pour l’action chimique de l’antiseptique)
  • Après le repérage du site de ponction, réaliser l’antisepsie cutanée. Il s’agit d’une antisepsie large du site de ponction choisi sans repasser sur la zone déjà traitée (2 écoles : verticale c’est-à-dire de haut en bas, ou bien en escargot).
  • Après cette étape, il ne faut plus toucher la zone de ponction.

Importance du volume total mis en culture

  • Le volume de sang par flacon doit être suffisant (volume optimal : 8-10 mL). Donc faire un repère sur chaque flacon correspondant au volume à prélever
  • Les recommandations traditionnelles sont de 2 à 3 hémocultures échelonnées sur 24 heures (2 suffisent généralement), à renouveler si le patient présente une hyperthermie > 38,5°C, ou bien de 2 à 3 hémocultures espacées de 30 à 60 minutes si l’antibiothérapie doit être débutée rapidement
  • Cependant, les nouvelles recommandations prévoient un prélèvement unique de 4 à 6 flacons pour un volume total optimum de 40 à 60 mL (Référentiel de microbiologie médicale, REMIC 2015) ce qui présente un volume plus adapté pour détecter le germe responsable. Avantage pour le patient : une seule ponction.
  • Toujours commencer par le flacon aérobie afin de purger la tubulure, et continuer avec le flacon anaérobie. En cas de prélèvement unique, pour les flacons suivants, l’ordre importe peu (l’essentiel est que les flacons anaérobies n’aient pas d’air !) mais il faut numéroter les flacons dans l’ordre de leur prélèvement.

L’avantage du Prélèvement unique est d’augmenter la sensibilité de détection du germe responsable, et de diminuer le risque de contamination du fait d’une seule ponction. Elle permet aussi de préserver le capital veineux du patient, un démarrage de l’antibiothérapie plus précoce, un gain de temps pour les préleveurs et une diminution du risque d’AES/AEV.

Il existe toutefois des limites dans la mesure où le prélèvement unique induit  un changement d’habitudes chez les IDE et chez les prescripteurs ; Par ailleurs, il n’est pas indiqué

  • lors d’une suspicion d’endocardite infectieuse :
    • méthode traditionnelle : 3 hémocultures par 3 ponctions veineuses et une 2ème série si la 1ère est négative après 48-72 heures
    • ou 2 paires d’hémocultures initiales puis au moins une paire 1heure plus tard avant de débuter les antibiotiques.
  • dans les cas d’infections sur cathéters :
    • prélever 2 séries sur le cathéter suspect sans purger car les premiers millilitres sont primordiaux (si le patient reçoit une perfusion d’antibiotiques, attendre au moins une heure après la fin du traitement et purger si les antibiotiques ont été administrés par la voie qui va servir au prélèvement)
    • et 2 séries sur voie périphérique, concomitamment et avec le même volume sanguin).
  • en cas de prélèvements associés, respecter l’ordre de prélèvement des tubes.

Acheminement des flacons au laboratoire

Les flacons, étiquetés au lit du patient, avec la feuille de demande d’examen précisant également la date et l’heure du prélèvement, ainsi que la température du patient et la présence éventuelle de frissons, sont à acheminer le plus rapidement possible au laboratoire ; Attention d ene pas coller les étiquettes sur le code barre des flacons.

Quelques questions fréquentes

Faut-il prélever les hémocultures au moment des pics fébriles ?

Selon les études réalisées, la bactériémie précède le pic fébrile de 1 à 2 heures. Dans un contexte infectieux, pratiquer les hémocultures en fonction du pic fébrile n’augmente pas significativement les chances de documenter la bactériémie, quel que soit le type de germe.

Faut-il espacer les hémocultures d’au moins 30 minutes ?

L’idée était que les bactériémies peuvent être intermittentes et donc ratées lors d’une première paire d’hémocultures et retrouvées 30 minutes plus tard. La revue de la littérature a montré qu’il ne s’agit pas d’une question de timing mais une question de volume de sang, d’où les recommandations de prélèvement unique.

Faut-il prélever les hémocultures sur des sites différents ?

Aucune étude n’en justifie la nécessité lors d’hémocultures périphériques.

Plus on fait d’hémocultures (volume) plus on est sensible ; est-ce qu’il y a une limite ?

La littérature montre en effet, que plus le volume de sang prélevé est important, plus la sensibilité de détection de la bactériémie est grande. Dans la majorité des cas, 2 paires d’hémocultures sont suffisantes, à condition que les flacons soient remplis correctement (8-10 mL). Il n’y a aucun intérêt à prendre plus d e3 paires d’hémocultures par 24 heures. Cela ne fait que favoriser l’anémie iatrogène ett engendrer un coût inutile.

 

Bibliographie

Dargere S [et al.], « Unique blood culture for diagnosis of bloodstream infections in emergency departments : a prospective multicentre study », CMI 2014 (Etude multicentrique prospective de 1an dans les SAU de 3 CHU de France – Caen, Lille et Rouen)

Recommandations de Microbiologie Médicale 2015

L’épreuve d’admission du concours infirmier

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Cà y est les résultats des épreuves d’admissibilité sont tombés (ou ne vont pas tarder) et se profile à l’horizon la dernière épreuve pour les catégories 1, l’épreuve d’admission.

Elle consiste en un entretien avec un jury de 3 personnes/
– Un infirmier cadre de santé formateur en IFSI
– Un infirmier cadre de santé exerçant en unité de soins
– Une personne extérieure à l’IFSI qualifiée en pédagogie et/ou psychologie.

Cet entretien dure au maximum 30 mn et est noté sur 20. Tout d’abord, le candidat se présente, puis présente l’exposé qu’il a préparé sur un sujet d’ordre sanitaire et social, le reste du temps consiste ensuite en un échange avec le jury. Qu4on ne s’y trompe pas, l‘objectif est d’apprécier si le candidat possède les aptitudes intellectuelles psychologiques à suivre la formation, d’apprécier également ses motivations et son projet professionnel.

La présentation personnelle consiste pour le candidat à décliner différents éléments :
– Identité
– Age
– Fratrie
– Lieu de domicile
– Année et type de bac, études suivies en post-bac le cas échéant
– Expériences professionnelles, stages
– Loisirs
– …

Le candidat bénéficie d’un temps (10 mn) pour préparer son exposé sur un sujet qui est différent à chaque fois. Ce sujet consiste souvent en un extrait très court d’un article d’ordre sanitaire ou social, ou d’une phrase, suivi d’une question.

L’exposé préparé doit être construit, c’est-à-dire que le jury doit pouvoir repérer un plan. La question qui accompagne le texte entraîne une réponse argumentée.
Il permet au jury d’apprécier les capacités d’expression orale du candidat avec un discours plus ou moins construit voire créatif.

La discussion qui suit s’appuie sur les différents éléments abordés par le candidat :
– L’exposé bien sûr, car un membre du jury peut demander des éclaircissements sur un ou plusieurs des points abordés par le candidat (il peut dire qu’il n’est pas d’accord avec un argument du candidat). Les échanges permettent alors d’apprécier les capacités d’écoute du candidat, sa capacités à entendre les remarques, à argumenter.
– La présentation personnelle, ensuite
o L’âge et/ou des expériences professionnelles avant le concours interroge toujours. Il convient toujours de repérer en quoi l’âge et les expériences présentent un avantage ou un inconvénient pour la formation
o Les candidats ayant suivi une première année de médecine sont toujours questionnés à ce sujet (l’inquiétude est toujours le choix par dépit de la formation infirmière, donc, au candidat de démontrer qu’il a une réelle motivation)
o De même un parcours d’études atypique entraîne toujours des questions
o Le lieu de domicile a son importance car beaucoup de candidats passent plusieurs concours donc plusieurs hors de leur région. Sont-ils vraiment prêts à quitter leur région, leur famille ? Ont-ils prévu un hébergement, les déplacements pour les stages (la question du permis et du véhicule est généralement abordée) …
o La profession des parents n’est pas inintéressante. Le jury s’interroge à ce sujet sur la motivation du candidat (est-ce le candidat qui veut devenir infirmier ou bien , ses parents qui le souhaitent ? Ou au contraire les parents espéraient-ils une autre orientation ?
o La notion de fratrie est toujours intéressante car elle permet d’aborder certaines qualités ou certains défauts du candidat.
o Les loisirs donnent des indications sur le candidat. En effet, si ce dernier n’évoque que des loisirs individuels, les membres du jury se questionneront sur ses capacités à travailler en équipe

A travers les différentes questions posées, mais aussi l’observation des attitudes du candidat, les membres du jury repèrent les aptitudes et qualités mais aussi défauts du candidats. Attention, avoir des défauts ne signifie pas que le candidat échoue systématiquement, car nul n’est parfait. Toutefois, certaines qualités sont requises pour un futur infirmier et en être dénué peut être problématique pour la sélection.
Sont en effet rédhibitoires :
– Le manque d’hygiène
– Le manque de rigueur
– L’intolérance
– Les digressions, les débordements
– Le manque de responsabilité
– Vocabulaire pauvre, inadapté.

Par conséquent, le candidat doit s’interroger sur ses motivations. Dire qu’il souhaite intégrer cette filière pour la sécurité de l’emploi, que ce projet est né en regardant « Urgences », « Grey’s Anatomy », « Chicago Med » ou « Dr House amènera systématiquement des questions. De même, dire qu’on veut être infirmier pour comprendre ce qui arrive ou est arrivé à un proche atteint d’une pathologie X, pose toujours question au jury qui craint toujours que le candidat soit « dans la réparation ».
Le jury s’intéresse bien sûr aux capacités intellectuelles à suivre la formation. Donc, il convient de se préparer à construire une argumentation cohérente avec une pensée construite (réciter par cœur le contenu d’une préparation au concours X ou Y est très facilement repérable).
Posez-vous des questions sur vous-même :
– Avez-vous toujours raison ? si la réponse est oui, danger de psychorigidité !!!!
– Vous avez la « vocation » ? Attention à ne pas verser dans le mysticisme !
– Etes-vous capable de travailler en équipe ? D’ailleurs comment vous sentez-vous et comment vous comportez-vous en équipe ?
– Pour les garçons, sont-ils prêts à travailler avec des équipes majoritairement féminines ?
– Etes-vous très émotif ?
– Vous sentez-vous capable de vivre loin de vos proches et dans une autre région que la vôtre ?
– Avez-vous déjà été confronté à la mort, la maladie, la vieillesse, la grande précarité ?
– Dans quel service aimeriez-vous aller en stage ? A contrario quel est celui qui vous fait peur ?
– …

Pour finir, quelques conseils….
N’oubliez pas de vous présenter et ne jouez pas le rôle de quelqu’un que vous n’êtes pas. Soyez naturel. De même pour votre look ne venez pas en tailleur (ou en costume cravate si ce n’est pas votre look habituel), vous auriez l’air déguisé. Ayez une tenue soignée mais naturelle. La question des piercings, écarteurs, boucles d’oreille multiples…est toujours délicate. Ils ne sont pas rédhibitoires en soi mais il sera dit au candidat qu’en stage il devra enlever les plus visibles. De même, les tatouages ne sont pas rédhibitoires, mais les tatouages exposés à la vue ne doivent pas choquer le public.
Si l’émotion vous submerge, pas de panique, les jurys sont habitués et ont toujours un paquet de mouchoirs. Ils vous laisseront un petit temps pour vous reprendre. Evidemment, si vous pleurez en discontinu pendant 30 mn, il sera impossible d’apprécier vos capacités, motivations et projet professionnel. Il vous faudra donc retrouver vos esprits.

Les épreuves de sélection du concours infirmier pour la catégorie 3 (Infirmiers diplômés hors UE)

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Pour mémoire, la catégorie 3 concerne les titulaires d’un diplôme infirmier étranger obtenu hors de l’Union Européenne ou hors de l’Espace économique européen, ou encore hors de la Principauté d‘Andorre ou de  Suisse. Sont donc fréquemment concernés les ressortissants d’Afrique ou du pourtour méditerranéen, en tous le plus souvent francophones, mai pas exclusivement.

Pour s’inscrire aux épreuves, ces candidats doivent fournir un curriculum vitae, une lettre de motivation, et bien sûr, en la photocopie de leur diplôme infirmier. Depuis 2001, cette copie n’a plus besoin d‘être certifiée conforme. L’original devra être fourni lors de l’admission en formation. Ils doivent également fournir un relevé du programme des études qu’ils ont suivies. Ce relevé doit préciser le nombre d’heures de cours par matière et par année de formation, la durée et le contenu des stages cliniques effectués, ainsi que le dossier d’évaluation continue. Le tout doit être délivré et attesté par l’autorité compétente du pays où a été délivré le diplôme.

Si le candidat n’est pas diplômé d’un pays francophone, une traduction de ces différents documents est nécessaire. Celle-ci doit être faite par un traducteur agréé auprès des tribunaux français. Ces traducteurs  sont assermentés, c’est-à-dire qu’ils ont prêté serment au tribunal et disposent d’un sceau qu’ils apposent sur leurs traductions. Ils ont pour obligation de traduire ce qu’ils voient, à la lettre près, sans de marge « d’interprétation », car le contenu d’un document ne peut être modifié. C’est cette garantie qui permet justement de donner une valeur légale aux traductions. Les universités sont ainsi sûres que la version française est fidèle à l’original. Il n’est pas possible, par exemple, de décréter qu’un « A » équivaut à « 15/20 » en France. Chaque établissement se réserve le droit de calculer l’équivalence « à sa sauce ».

Le coût de traduction est non négligeable puisque les tarifs varient de 20 à 55 € la page selon le traducteur et la langue à traduire vers le français. Donc vu le coût, toujours demander un devis et surtout bien vérifier l’agrément du traducteur.

Les candidats de la catégorie 3 sont soumis à 2 épreuves de sélection : une épreuve d’admissibilité et deux épreuves d’admission.

 

L’épreuve  d’admissibilité

Il s’agit d’une épreuve écrite comportant l’étude d’un cas clinique en rapport avec l’exercice professionnel infirmier, suivi de cinq questions. L’objectif de cette première épreuve est d’évaluer la maîtrise de la langue française, les connaissances dans le domaine sanitaire et social et comme pour les catégories 1 et 2, les capacités d’analyse et de synthèse, ainsi que les connaissances numériques.

Pour pouvoir faire face à cette épreuve, il faut s’intéresser aux priorités de santé publique en France. En effet, les pathologies prévalentes ne sont pas les mêmes dans les pays dont sont originaires la plupart des candidats (Afrique, pays du Maghreb, Chine , Pays d’Amérique centrale ou du sud ….).

Pour aller plus loin, voir

 http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_sns_2017_synthesev6-10p.pdf 

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_sns_2017_vdefpost-consult.pdf

 

Il peut être intéressant de faire des fiches de synthèse sur

–        les pathologies en lien avec l’obésité

–        les conduites addictives (alcool, tabac et autres drogues)

–        la prise en charge des polytraumatisés

–        les infections sexuellement transmissibles

–        les personnes âgées en perte d’autonomie

–        les pathologies ou risques liés à l’environnement (pollutions du sol et de l’eau, exposition aux substances allergènes, aux contaminations des aliments et aux risques liés à l’usage de produits toxiques, exposition aux perturbateurs endocriniens)

–        les recommandations vaccinales

–        les pathologies chroniques (BPCO, insuffisances respiratoires, cardiaques, rénales, digestives, le diabète, les maladies neuro-dégénératives, les cancers…..)

–        la prise en charge des personnes dépendantes (personnes âgées, handicapées)

–        les pathologies mentales (troubles du comportement, psychoses, troubles bipolaires, états dépressifs majeurs et risque suicidaires

 

Les épreuves d’admission

Passent ces épreuves, les candidats déclarés admissibles, c’est-à-dire ayant obtenu au moins 10/20 à l’épreuve mentionnée dans le paragraphe précédent.

Il s’agit d’une épreuve orale et d’une mise en situation professionnelle

Pour être admis le candidat doit obtenir au moins un total de 30/60 pour l’ensemble des 3 épreuves ;

 

L’épreuve orale

Elle est notée sur 20 et dure 30 minutes maximum et il s’agit d’un entretien en français avec un jury de deux personnes (un cadre de santé formateur en IFSI et un cadre de santé du secteur de soins. Le jury s’appuie sur la lecture du dossier d’inscription et les échanges pour apprécier les capacités à suivre la formation et les motivations du candidat. Peuvent être abordés l’adaptation à la vie en France, l’administration française (assurance maladie, aides aux personnes vulnérables,…), l’intégration dans une équipe de soins.

 

La mise en situation professionnelle

D’une durée d’1 heure, dont 15 minutes de préparation, cette épreuve, notée sur 20 porte sur la réalisation de 2 soins en lien avec l’exercice professionnel infirmier au cours duquel  le jury évalue les capacités techniques et gestuelles

Il s’agit généralement d’une mini-situation de patient avec mise en œuvre du raisonnement clinique et identification du (ou des) diagnostic(s) infirmier(s), élaboration du projet de soin avec planification des soins et donc notamment des soins prescrits à planifier et préparer, mais aussi des transmissions ciblées.

Les soins sont des soins courants dans les établissements de santé ou médico-sociaux français :

–        préparation de perfusion par exemple d’une perfusion d’antibiotique, avec la surveillance (donc connaissances des critères d’efficacité et des effets indésirables possibles)

–        préparation d’une injection,

–        pose d’une sonde naso-gastrique

–        …

Donc, sont appréciées les connaissances des pathologies, de la pharmacologie et les calculs de dose. 

 

Un exemple de cas clinique

Monsieur R, âgé de 93 ans, est amené aux urgences sur demande de son médecin traitant le 6 février 2018 pour dyspnée dans un contexte d’anémie. Au vu de la clinique, des résultats de son hémoglobinémie à 7g/ dL et de ses antécédents d’ulcère gastrique et d’hémorragie digestive en juillet 2010 sans étiologie retrouvée, une nouvelle hémorragie digestive non extériorisée est soupçonnée. Il reçoit un Concentré de Globules Rouges et est transféré rapidement dans l’unité de soins intensifs d’hépato-gastro-entérologie.

Dans ses antécédents sont retrouvés un infarctus de myocarde en juillet 2014, la pose d’un stent coronarien la même année et une insuffisance rénale non traitée.

Son traitement habituel est :

–        Ramipril 1,25 mg (Inhibiteur de l’Enzyme de Conversion)

–        Atenolol 50mg (bétabloquant)

–        Atorvastatine 10 mg (hypolipémiant)

–        Esomeprazole 40mg (Inhibiteur de la Pompe à Protons)

Chef d’orchestre retraité, Il vit à domicile avec son épouse qui est sa personne de confiance et a 3 enfants et 5 petits enfants très présents. Il est assuré social et bénéficie d’une ALD ainsi que d’une mutuelle qui prend en charge le forfait journalier.

A son arrivée en unité de soins intensifs d’hépato-gastro-entérologie, Mr R est porteur de 2 voies périphériques fonctionnelles. Son poids est de 59 kg pour 1,65 m. L’Hemocue, réalisé après l’extériorisation d’un méléna à J1, indique une hémoglobinémie à 8,2 g /dL, le médecin a donc prescrit la pose d’un Concentré de Globules Rouges, avec pour objectif une hémoglobinémie à 9 g / dL.

La fibroscopie oeso-gastro-duodénale prévue à J3 pour localiser un saignement, n’a pu être réalisé car Mr R a présenté une souffrance myocardique juste avant d’entrer en salle d’endoscopies. L’examen, finalement réalisé J9, révèle un saignement duodénal traité par injection d’hémostatiques.

 

Nous sommes aujourd’hui à J12. Depuis son arrivée Mr R s’alimente très peu et a perdu 3 kg. Son albuminémie est 32 g (N: 36 à 47 g/L)  et le médecin a prescrit des compléments alimentaires hyperprotidiques. Mr R est très fatigué, il est alité la plus grande partie de la journée, supportant mal les mises au fauteuil, aussi un matelas à air a été posé. Depuis son arrivée, il a reçu 21 Concentrés de Globules Rouges chaque jour depuis son arrivée (soit 1 à 2 transfusions chaque jour) et 6 Plasmas Frais Congelés. Les bilans réalisés de J6 à J12 ce jour montre une hémoglobinémie allant de 9,6 g à 8,4 g/dL, des saturations en oxygène entre 98 et 100% en air ambiant, des constantes hémodynamiques stables et l’absence de douleur. Suite à une réunion de l’équipe pluridisciplinaire où ont été pris en compte le grand âge et les bilans réalisés, les médecins décident d’arrêter les transfusions et de mettre en place un traitement symptomatique de confort, en maintenant toutefois 3 hemocue par jour. Ils ont rencontré Mme R et deux de ses enfants pour les informer.

 

Questions

  1. Que signifie l’acronyme ALD et quel est l’impact de l’ALD sur la prise en charge de Mr R.
  2. Quelles sont les normes de l’hémoglobinémie ? Expliquez le lien entre les résultats de Mr R  et sa symptomatologie.
  3. Qu’est-ce qu’un stent coronarien ? Pourquoi a-t-il été posé chez Mr R ?
  4. Citez les diagnostics infirmiers identifiés dans la situation de Mr R à J12
  5. Pourquoi décider la pose d’un matelas à air et sur quels critères ? Quelles autres actions mettriez-vous en place ?

 

Entraînez-vous

 

Les difficultés le plus souvent rencontrées sont pour la théorie la non maîtrise de la langue ce qui génère une mauvaise compréhension des consignes, et pour la pratique, des difficultés liées aux différences de pratique et au matériel différent de ce que les candidats peuvent connaître.

Bien sûr, les candidats issus de pays francophones rencontrent moins de difficultés en lien avec la maîtrise de la langue.

 

Une fois admis, les difficultés ne disparaissent pas pour autant. En effet, très souvent, ces candidats intègrent directement une deuxième année et les bases méthodologiques abordées lors de la première année peuvent leur manquer cruellement : méthodologie de la démarche de soin pour certains, méthodologie de l’analyse d’un cas clinique… Une autre difficulté et non des moindres est de se retrouver étudiant lors des stages, alors que l’on est déjà professionnel, avec le regard des soignants qui le plus souvent est bienveillant …mais pas toujours.

L’épreuve de sélection du concours infirmier pour la catégorie 2 (AS et AP)

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L’épreuve de sélection pour les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture ont lieu le même jour que les épreuves d’admissibilité de la catégorie 1 mais est différente. Rappelez-vous, il s’agit d’une analyse écrite de trois situations professionnelles, chacune d’entre elles faisant l’objet d’une question.

Cette épreuve a pour but d’évaluer la capacité du candidat à suivre la formation, à travers les capacités d’écriture, d’analyse, de synthèse et les capacités numériques.

 Il est donc important de reprendre les éléments de la formation initiale car ils font partie des prérequis à l’épreuve qui demandera également de mobiliser les règles de base de calcul. La démarche de soin (théories de soin, besoins fondamentaux, analyse de situation) doit être maîtrisée pour répondre de manière structurée aux questions posées accompagnant les situations cliniques.

 Les situations cliniques sont des situations de patients d’âges différents (de 0 à 99 ans), présentant une perturbation plus ou moins importantes de leurs besoins fondamentaux, se passant dans différents types de services (pédiatrie, médecine, chirurgie, gériatrie…). Ces situations relativement courtes donnent lieu à des questions variables auxquelles il faudra répondre en s’appuyant sur les éléments significatifs de la situation décrite:

       repérer et expliquer les modifications physiologiques et/ou psychologiques en lien avec l’âge ou la pathologie ;

       identifier les besoins perturbés ;

       citer et expliquer le projet de soins pour le patient sur votre quart de travail (actions et surveillances) concernant l’hygiène, le confort et le bien-être, ou au regard d’un ou plusieurs besoin(s) perturbé(s) ;

        argumenter l’objectif d’un soin ou d’une précaution particulière et les actions mises en place (ex isolement septique ;

       donner la signification d’un sigle (ex GIR, OMS) et expliquer de quoi il s’agit ou en préciser l’objectif ;

       définir des termes en lien avec le secteur sanitaire ou médico-social (ex autonomie, dépendance, soin) ;

       préciser les précautions et/ou contre-indications d’un soin (ex

 

Dans ces questions, il y en aura toujours une sur du calcul en lien avec des données de la situation :

       calculer les nutriments contenus dans un repas, ou dans un aliment de ce repas ;

       calculer la valeur énergétique d’un aliment ;

       calculer la ration lactée quotidienne d’un nourrisson

       réaliser un calcul de dose pour un apport vitaminique chez un nourrisson

       calculer une diurèse quotidienne à partir de plusieurs mictions déclinées en unités de capacités différentes (mL, cL, dL, L, mm³…)

 

Exemple de sujet 

Mr D. , 85 ans, est hospitalisé en médecine gériatrique le 23 février 2018 à 18 heures pour une pneumopathie ayant entrainé un déséquilibre de son diabète de type 2. A son entrée, il présente une hyperthermie à 38°8, une toux productive avec des crachats purulents, ainsi qu’une hyperglycémie à 3g/L .  Le médecin a donc prescrit une perfusion d’antibiotique pour traiter la surinfection bronchique et de l’insuline au pousse-seringue électrique.  Mr D souffre également d’une hypertension artérielle et d’une maladie de Parkinson avec des tremblements de repos, traitées depuis plusieurs années.

Il est atteint d’une presbyacousie bilatérale appareillée, et d’une cataracte au niveau de l’œil gauche pour laquelle il a refusé  d’être opéré. Il est porteur d’un appareil dentaire en haut et en bas.

Il vit seul dans un appartement en centre-ville, au 1er étage avec ascenseur. Il est veuf depuis 10 ans et a une fille  qui habite à 15 km. Elle s’occupe du ménage de l’appartement et de l’entretien du linge. Il fait lui-même ses courses et prépare ses repas lui-même. Il privilégie le pain, la charcuterie, les yaourts et les gâteaux.

 

Question : en relisant ce texte, relevez et expliquez les modifications physiologiques et/ou psychologiques liées au vieillissement. Ce jour, quels sont les besoins plus ou moins perturbés et quelles seront vos principales actions et surveillances?

 

Autre situation, autres questions 

Mr P., 78 ans est hospitalisé depuis trois jours pour aggravation d’une insuffisance rénale sur rein unique. Son état nécessite la surveillance de sa diurèse sur 24 heures. Il présente en outre une hypertension artérielle.

Le médecin a prescrit des apports en sodium limités à 2,4 g/jour. Mr P, pèse 79 kg pour 1, 66 m. Il a des difficultés à manger peu salé et insiste notamment pour manger du pain « normal ». Après enquête alimentaire, la diététicienne établit des menus types prévoyant 40g de pain à chaque repas (au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter et au dîner).

 

Questions

Calculez l’IMC de Mr P

Sachant que 100 g de pain « normal » contiennent 1,79 g de sel et que 1g de sel contient 400 mg de sodium, calculez la quantité de sodium apportée par le pain selon les quantités prévues par la diététicienne.

 

Calculez la quantité d’urines émise sur la journée du 23 février.

        Au lever : 220 mL

        A 11h00 : 1,45 dL

        A 17h15 : 195 cm³

        Au coucher : 17 cL

        A 23h00 : 0, 13 L.

 

Allez, à vous de jouer. Vous avez 80 minutes, car n’oubliez pas, là vous n’avez que deux situations, mais dans le « vrai » concours vous en aurez trois.