YOGA ET SANTE (part 1)

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Pratiquant le yoga depuis plusieurs  années, il m’est devenu indispensable pour me sentir en forme. Aussi, j’ai voulu écrire une série d’articles sur le yoga et la santé. 

Le stress, le diabète, l’hypertension et les maladies cardio-vasculaires sont en progression rapide en lien avec le changement de style de vie de notre époque moderne. Bien que le yoga trouve ses origines en Inde il y a des milliers d’années, il a été introduit en occident au XIXème siècle. Durant les dernières décennies, il a été l’objet de recherches comme moyen thérapeutique contre le stress, l’obésité, le diabète, l’hypertension, la dyslipidémie, les pathologies coronariennes et les pathologies chroniques obstructives pulmonaires

Stress, anxiété et dépression

Le yoga est efficace dans la prévention et dans la gestion du stress et des désordres liés au stress. Plusieurs études rapportent que bien des résultats positifs aient été constatés, il n’est pas possible, du fait du problèmes méthodologiques, de dire que le yoga est efficace dans le traitement de l’anxiété ou les troubles anxieux en général. Cependant, il y a des résultats encourageants, particulièrement avec les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC). Une étude a démontré les effets bénéfiques du yoga sur les troubles dépressifs. Une autre étude sur des patients prenant des antidépresseurs,,  mais montrant seulement une rémission partielle, a montré une réduction significative de la dépression, la colère, l’anxiété et les symptômes névrotiques. Ce qui corrobore le potentiel du yoga comme traitement complémentaire de la dépression.

Il a été démontré que le yoga diminue l’anxiété, le stress et le taux de cortisol salivaire , ainsi que les taux de rénine plasmatique, de norépinéphrine et d’épinéphrine urinaires des 24h. Ce sont les mécanismes probables des effets du yoga sur le stress et les troubles en lien avec le stress tels que l’hypertension et les troubles coronariens.

En 2008, des chercheurs de l’Université d’Utah ont démontré que parmi les sujets témoins et des sujets pratiquant le yoga soumis à un IRM, les pratiquants de yoga avaient un seuil de tolérance à la douleur plus élevé et une activité cérébrale en lien avec la douleur plus basse. L’étude montre l’importance du yoga dans les réponses à la douleur et au stress associé.

Surpoids et obésité

Le surpoids et l’obésité sont de grands facteurs de risque de diabète de type 2, d’hypertension et de pathologies cardiaques ischémiques. Le yoga s’est révélé une aide dans la gestion de l’obésité. Pratiquer les asanas et le pranayama pendant 3 mois consécutifs, 1heure par jour le matin avec un expert en yoga a permis une diminution du poids, de l’IMC et du rapport taille/hanches.

Hypertension

La pratique régulière du yoga 1heure par jour s’est révélé efficace pour le contrôle de la pression artérielle chez des sujets hypertendus. Le yoga, associé à la relaxation, le biofeedback, la méditation transcendantale et la psychothérapie a eu un effet antihypertenseur convaincant. Une étude de  l’Institut Jawaharlal d’études supérieures de médecine de Pondichéry a montré que Sukha pranayama, sur un cycle de 6 respirations/minute pendant 5 minutes, diminue le rythme cardiaque et la pression artérielle systolique. Cet effet est vraisemblablement dû à une normalisation du rythme cardiaque autonome résultant d’une diminution de la modulation vagale et/ou de l’activité sympathique et d’une meilleure sensibilité baroréflexe.

Diabète

La pratique des asanas de yoga et de pranayama aide au contrôle du diabète de type 2 et peut servir de complément au traitement médical.

Pratiquer asanas et pranayama pendant 3 mois consécutifs, 1 heure par jour le matin avec un expert en yoga a permis de diminuer la glycémie post-prandiale et l’hémoglobine glyquée.

Dans une autre étude indienne, les asanas et le pranayama au bout de 40 jours de pratique quotidienne, tant la glycémie à jeun que la glycémie post-prandiale et l’hémoglobine glyquée avaient diminué chez les patients non insulino-requérant. Ils avaient développé une sensation de bien-être au bout de 10 jours et diminué les doses d’antidiabétiques oraux.

Le yoga a aussi un effet bénéfique sur les fonctions cérébrales cognitives et peut ainsi être inclus dans un traitement médical conventionnel pour améliorer les fonctions cognitives des diabétiques de type 2.

Dyslipidémie

Des taux de cholestérol total,  LDL et VLD L ainsi que de triglycérides élevés sont des facteurs de risque d’ischémie, alors que le cholestérol HDL a un rôle protecteur. Des études chez des patients diabétiques de type 2 ont montré des effets bénéfiques des asanas et de pranayama sur les taux de lipides sériques.

Une étude réalisée à Delhi rapporte une baisse significative du cholestérol total suite à 40 jours de pratique d’asanas et de yoga et de pranayama. En revanche, la baisse des taux de cholestérol LDL, VLDL et de triglycérides n’est pas significative.

Une autre étude de Bangalore a rapporté une baisse significative des taux de cholestérol total et LDL, ainsi que de triglycérides. Cependant, il n’y avait pas de modification significative des taux d’HDL.

La différence dans les résultats de ces études est probablement due à un panel de patients réduit, à une durée d’étude variable et à des différence de régime des patients.

Pathologies coronariennes

Dans une étude randomisée, des patients, ayant une pathologie coronarienne prouvée à l’angiographie et ayant pratiqué le yoga pendant une période d’un an, ont montré une diminution des épisodes angineux par semaine, une amélioration de  leurs capacités physiques et une baisse de poids. Les procédures de revascularisation étaient requises moins fréquemment dans le groupe yoga et l’angiographie après un an, a montré que plus de lésions avaient régressé dans le groupe yoga comparativement au groupe contrôle. Ainsi, la pratique du yoga augmente la régression des lésions et retarde la progression de l’athérosclérose chez les patients présentant une pathologie artérielle coronaire sévère.

Une autre essai, avec des patients avec une pathologie coronaire objectivée à l’angiographie, a montré que le mode de vie basé sur la  pratique du yoga aide à la régression des lésions coronaires et à l’amélioration de la perfusion du myocarde, ce qui a été traduit en bénéfices cliniques et amélioration symptomatique.

Bronchopneumopathie chronique obstructive

La pratique du yoga améliore la fonction pulmonaire et la force des muscles inspiratoires et expiratoires;

Dans une étude randomisée de l’AIIMS (All India Institutes of Medical Sciences) de Delhi, il a été rapporté que les postures de yoga, le pranayama et la méditation amélioraient plusieurs paramètres de la fonction pulmonaire chez les sujets présentant un asthme modéré et une diminution de la bronchoconstriction liée à l’exercice physique. Le yoga améliore la qualité de vie, réduit le recours aux médicaments chez les asthmatiques. Des découvertes semblables sont rapportées par une autre étude menée aux Etats Unis auprès de patients souffrant de BPCO.

Les limites des études

Les découvertes de plusieurs études montrant les  effets bénéfiques de la méditation pour diminuer le stress et l’anxiété, améliorer la fonction respiratoire chez les patients souffrant de BPCO, et améliorer la tolérance à l’activité physique des patients coronariens, ont été contestées du fait de l’existence d’une sélection de sujets favorablement prédisposés. Les autres faiblesses pointées sont l’utilisation de multiples co-interventions, l’existence de biais d’attrition et d’inadéquation des analyses statistiques.

Les effets favorables du yoga sur le stress, l’anxiété, l’asthme et les pathologies coronariennes nécessitent d’être prouvées par des études scientifiques rigoureuses.

Par ailleurs, les études citées n’ont utilisé que les asanas le pranayama et/ou de courtes séances de méditation dans un but thérapeutique. Cette approche du yoga correspond à la perception générale qui est incorrecte. En effet, le Yoga signifie l’union de la conscience individuelle avec la conscience divine universelle et son objectif est la réalisation de soi. Un regard analytique sur les principes fondamentaux du yoga montre qu’il s’agit d’un mode de vie holistique menant à un état de bien-être physique, social, mental et spirituel ainsi qu’à l’harmonie avec la nature. Ce mode de vie contraste avec l’objectif purement économique et matériel de notre civilisation moderne qui a mené à l’agitation sociale et au désastre écologique. Nous aborderons la philosophie du yoga dansvla seconde partie de cet article dédié au yoga et à la santé.

 

Biblographie

Davendra Kumar Taneja, Yoga and health in Indiana Journal or Community Médicine: Official Publication or Indiana Association or Préventive ans Social Médicine, 17 pages

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