Les pratiques soignantes dans l’antiquité

Facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Comme promis dans un précédent article, continuons notre chemin depuis les origines des pratiques de soins. Nous avons vu que les soins existent dès l’apparition de la vie, vie qu’il faut bien sûr entretenir ce qui implique de facto, repousser la mort. Et l’ensemble des actes de vie est et restera le fondement de tous les soins. Ces soins, orientés sur tout ce qui permet d’entretenir la vie, sont liés à la découverte progressive de ce que la nature fournit généreusement. Les hommes du paléolithique vivent dans des conditions précaires. La mort est omniprésente. Les êtres humains ont dû découvrir petit à petit ce qui est bon et ce qui est mauvais pour la vie. Les chamans sont devenus au fil du temps les gardiens des pratiques permises ou interdites. Nous avons vu précédemment qu’aux femmes sont dévolus les soins aux enfants, aux malades et aux mourants, alors qu’aux hommes sont réservés les soins des blessés à la chasse, à la pêche, ou pendant les guerres, ainsi que les soins réclamant une grande force physique. Les femmes ont donné naissance aux pratiques alimentaires, à l’utilisation des plantes. Les hommes ont donné naissance à des professions telles que barbier, chirurgien, soignants attachés aux armées… Dans le cadre de l’histoire de la profession infirmière, nous nous intéressons au courant issus des femmes.

Les femmes du paléolithique soignent avec les plantes et échangent entre elles leurs recettes. La transmission est orale, généralement de mères en filles. Les activités de soin sont organisés autour de la naissance et de la mort et s’appuient sur les sens. Elles observent les manifestations du corps, le touchent (lavage, mobilisation, massages,…), repèrent les odeurs, écoutent les bruits corporels. Leurs savoirs transmis de génération en générations constituent une source de connaissances dans lesquelles les médecins puiseront allègrement par la suite, même lorsque l’Eglise aura condamné certaines pratiques.

1ère partie : La médecine dans l’Egypte ancienne

Lorsqu’on parle de pratiques soignantes, il est inévitable d’évoquer la médecine de l’Antiquité, même si les femmes soignantes y ont peu de place. On ne peut éluder la médecine de l’Egypte ancienne. Et nous commencerons par celle pratiquée du XXXIIIème siècle avant JC jusqu’à l’invasion perse en – 525, cette médecine était très avancée avec des médecins recevant une formation spécifique et  dont la pratique est contrôlée.  Les moyens thérapeutiques sont toujours en lien avec les Dieux et le concept de maladie très différent du nôtre. En effet, la maladie est liée à des agents surnaturels qui prennent possession du corps, lequel est un élément nécessaire pour accéder à la vie éternelle.

Les médecins égyptiens pratiquent la petite chirurgie, réduisent les fractures, ont une pharmacopée très fournie. Des recherches en égyptologie biomédicale ont en effet montré que les ingrédients de cette pharmacopée étaient souvent efficaces et que 77% des formules connues respectent les règles du codex pharmaceutique britannique de 1973. L’examen clinique, le diagnostic et le pronostic étaient souvent rationnels et appropriés comme le montrent les papyri et les récits de savants grecs et romains.

Le système de soin dans l’Egypte ancienne

Le « système de soins » des anciens égyptiens, dépendant de l’institution du temple, est un service public gratuit (c’est-à-dire accessible à tous, quelle que soit la situation de fortune), disponible dans tout le pays et à tout moment. Il fait partie d’un service public plus général qui gère les canaux d’irrigation, l’éducation, la justice et les réserves de grains pour la population.

Les établissements médicaux, appelées Maisons de vie ont été mis en place dans l’Égypte antique dès la Ière dynastie. Et à l’époque de la XIXème dynastie, les employés de ces maisons jouissent d’avantages que l’on peut assimiler à l’assurance maladie, la retraite et les congés maladie.

La maison de vie assure la formation des futurs médecins (recrutés après une période d’observation et devenant des apprentis formés pendant une dizaine d’années par leur maître) et des futurs prêtres. Elle gère également les lieux de soins à l’intérieur du temple, et plus particulièrement un espace de soins, nommé « sanatorium » a posteriori (espaces sacerdotaux, contenant des cuves et des baignoires remplies d’eau sacrée, pour immerger la partie malade du patient dans l’espoir d’une guérison divine).

Dans certains temples, des bâtiments portent le nom de « mammisi », endroit où s’effectue la naissance divine et mythique du futur pharaon, issu de l’union de la grande épouse royale avec le dieu au cours de la théogamie. D’autre part, en Egypte antique, l’accouchement s’effectue à domicile et appartient à la vie quotidienne.

Le premier médecin du monde dont on ait une trace est Hésyre, chef des dentistes et des médecins du roi Djéser au XXVIIe siècle. Et Peseshet (-2400) a peut-être été le premier médecin de sexe féminin, puisque décrite comme la « surveillante des femmes médecins ».

Il y avait beaucoup de catégories et de spécialisation parmi les médecins. Les rois avaient leur propre médecin et même leurs propres spécialistes. Il existait des médecins inspecteurs, superviseurs et des médecins en chef. Les spécialistes connus des égyptiens étaient les ophtalmologistes, les gastro-entérologues, les proctologues (neru phuyt ou « bergers de l’anus »), les dentistes. Il y avait également le médecin qui supervisait les bouchers et un inspecteur des liquides dont le rôle n’est pas précisé.

Les lieux d’exercice dépendent de la relation du médecin avec la religion :

  • les médecins sounou exercent en dehors du temple, de façon « laïque », mais selon les préceptes du temple et sous la tutelle du dieu Thot. Ils débutent leur pratique comme médecins itinérants et ne soignant qu’une seule catégorie de malade. Ils peuvent ensuite postuler dans une centre de soins ou exercer à domicile.Seul le médecin de grande expérience reconnue est « généraliste ».;
  • les médecins ouabou-sekhmet (médecins purs de la déesse Sekhmet), dont la pratique est imprégnée de religion, voire de magie, exercent uniquement dans le temple. Ce sont les médecins de Pharaon, le représentant du divin sur terre ;
  • les médecins exorcistes agissant par des paroles magiques incantatoires et des amulettes.

Les modes d’exercices sont variés, puisqu’il existe des médecins pour toutes les parties du corps, pour l’esprit, pour les femmes, les hommes, les enfants, et même des médecins officiant de façon différente selon les saisons. L’organisation de la médecine est réglementée depuis Imhotep, avec des règles éthiques bien définies réglementant la profession.  

Page du papyrus Ebers

La démarche diagnostique est décrite dans le papyrus Ebers. Le déroulement en est le suivant :

  1. poser des questions au patient, par étape, calmement ;
  2. faire une enquête d’entourage ;
  3. trouver l’origine directe et indirecte de la souffrance ;
  4. chercher l’existence d’antécédents familiaux ;
  5. en cas de rechute vérifier si le traitement est convenablement pris ;
  6. préparer un plan de soins, à court et moyen terme.

Ce qui ressemble beaucoup à ce qui se fait encore de nos jours.

Les moyens thérapeutiques

Les connaissances médicales de l’Égypte antique sont réputées. Les Égyptiens avaient une certaine connaissance de l’anatomie humaine. Nous pouvons citer en exemple l’introduction d’un long crochet par une narine, pour briser les os minces de la boîte crânienne et extraire le cerveau, lors du procédé de momification. Les médecins égyptiens connaissaient également l’importance des pulsations, et leur lien entre le pouls et le cœur. L’auteur du papyrus Smith avait même une vague idée du système cardiaque, sans toutefois faire la distinction entre les vaisseaux sanguins, les tendons et les nerfs. Ils avaient en effet élaboré une théorie se référant à des « canaux » qui  transportaient l’air, l’eau et le sang de l’organisme en faisant une analogie avec le Nil, s’il est bloqué, les cultures périclitent et ils ont appliqué cette théorie à l’organisme. Si une personne était malade, ils utilisaient des laxatifs afin de débloquer les « canaux ».

Les moyens thérapeutiques utilisés par les anciens Égyptiens sont simples, multiples et variés, parfois surprenants pour nous :

Hygiène et diététique 

La plupart du temps, les conseils des médecins pour rester en bonne santé sont de se laver et de se raser le corps, y compris les aisselles pour éviter des infections. Ils conseillent aussi à leurs patients de veiller à leur alimentation et d’éviter les aliments comme le poisson cru ou d’autres animaux considérés comme impurs.

Substances dites thérapeutiques

Elles sont tirées des trois règnes (minéral, végétal et animal). Les minéraux utilisés sont le sel du nord (natron), les parcelles de cuivre, la pierre de Memphis en poudre (qui serait utilisée comme anesthésique local), l’ocre jaune sur les brûlures. En ce qui concerne les végétaux, la pharmacopée en est très riche avec par exemple , la coriandre, la caroube, le pavot, l’ail, l’oignon, la résine d’acacia, l’orge grillée, etc. utilisés en potions, gargarismes, infusions, cataplasme, pilules… Les égyptiens utilisent aussi des produits animaux comme la viande (cicatrisation des plaies), le miel (antiseptique local), la cire, les toiles d’araignées (désinfectant car contiendraient naturellement une substance à action de type antibiotique faible), la graisse de bœuf, le lait d’ânesse, les viscères de porc, etc.

La préparation du médicament est réalisée par le prescripteur, selon des protocoles rigoureux. Et ces médicaments sont utilisés sous forme d’emplâtres, pommades, onguents, préparations locales, préparations à absorber macérées dans la bière, fumigations.

La croyance générale dans la magie et la religion peut avoir également eu un puissant effet placebo ayant contribué à son efficacité. L’impact de la magie apparaît dans le choix des remèdes dont les ingrédients sont parfois choisis parce qu’ils dérivent d’une substance, d’une plante ou d’un animal qui présente des caractéristiques qui correspondent aux symptômes du patient (principe du simila similibus, « traitement par les semblables » retrouvé dans toute l’histoire de la médecine jusqu’à la pratique moderne de l’homéopathie). Ainsi, l’œuf d’autruche est utilisé pour le traitement de la fracture du crâne, et une amulette représentant un hérisson pouvait être prescrite contre la chute des cheveux.

Les remèdes repoussants : ce sont des moyens qui font appel à des excréments (d’âne, de crocodile, d’hippopotame, de lézard, de pélican, de petit bétail, de mouche et même d’homme) et à la magie, pour fournir une alimentation répugnante à l’esprit qui a envahi le corps, et ainsi le chasser. Certaines de ces pratiques se sont avérées inefficaces ou nocives. Car si certains traitements à base de déjections animales contenaient des produits de fermentation et des moisissures, dont certaines ayant des propriétés curatives, ils contenaient aussi des bactéries qui exposaient à une grave menace d’infection.

La chirurgie

Les connaissances anatomiques et physiologiques des anciens Égyptiens résultent d’observations effectuées lors de l’examen attentif des patients vivants, des constatations faites sur des cadavres, et comme aujourd’hui, relevées sur des animaux.

Par exemple, la momification des défunts est probablement inspirée par la dessiccation naturelle des corps retrouvés pratiquement intacts dans le désert, et reproduite artificiellement et d’une façon assez sophistiquée.

Les gestes pratiques des chirurgiens égyptiens sont issus d’une indication réfléchie et codifiée. En effet, les instruments sont choisis et adaptés pour une intervention donnée et ils sont utilisés consécutivement au cours des différents temps opératoires : incision, débridage, cautérisation, mise en place d’un drainage (par exemple avec un segment de roseau ou des mèches faites de « charpie d’étoffe », le tout est complété de « tampons fibreux secs »), pansements soigneux et parfois occlusifs (avec des compresses chaudes ou froides, des « tampons fibreux secs, ainsi que des produits tels des argiles tiédies et de la graisse enrichie d’extraits de plantes), et des bandages simples ou complexes. Dans tous les cas, les suites opératoires sont surveillées.

Circoncision
Prothèse d’orteil

Des traces de diverses pratiques ont été retrouvées par les égyptologues :

  • sutures (réalisées avec une aiguille à coudre et du fil de lin,: ou à l’aide de petites bandelettes de toile adhésive),
  • parage des blessures de guerre
  • amputations post traumatiques, ou encore punitives (nez, langue, oreilles, main,…),
  • cautérisation hémostatique avec une lame chauffée au feu,
  • réalisation de prothèses d’orteils,
  • réductions de luxations (de l’articulation de l’épaule), ou encore réduction de la subluxation de la mandibule,
  • réductions et contentions de fractures des membres (pose d’attelles), maintien des fractures nasales par des rouleaux de toile grasse dans les narines complétés par deux petites attelles externes protégées,
  • circoncision avec l’emploi de plusieurs techniques selon les époques.

Les textes évoquent aussi des luxations cervicales graves et des fractures tassements du corps vertébral avec quadriplégie, ainsi que des brûlures bénéficiant de traitements particuliers. Des infections locales et générales sont bien décrites.

L’ophtalmologie tient une place particulière dans les pratiques de l’époque ; Outre l’ablation des corps étrangers oculaires, les médecins égyptiens réalisent des opérations de la cataracte attestées attestée sous les Ptolémées.

Anciens instruments médicaux égyptiens représentés à l’époque ptolémaïque ; inscription du temple de Kôm Ombo.

Pour pratiquer ces gestes, le médecin dispose de quelques instruments. Sur les bas reliefs et dans les papyri figurent des pinces et des pincettes, diverses sondes, des stylets, des curettes (presque semblables à celles encore utilisées aujourd’hui), différentes sortes de couteaux (parmi lesquels un bistouri rappelant notre bistouri à lame fixe), plusieurs sortes d’écarteurs parfois multifonctions. De plus, des ustensiles « à usage unique » peuvent également être utilisés. Beaucoup de ces objets, retrouvés dans des musées,  peuvent être comparés avec des instruments modernes. Un bas-relief du temple de Kôm-Ombo représente une table sur laquelle sont disposés des instruments, dont certains reconnaissables, avec d’autres objets (balance, sachets de médicaments, éponge et bandages) avec à proximité une vasque de purification.

Les soins dentaires

D‘après des textes anciens, on sait que l’hygiène dentaire était connue et certains papyrus contiennent des listes de remèdes pour les maux de dents. L’examen des momies nous a montré qu’Amenhotep III et Ramsès II furent des martyrs des maux de dents.

La thérapeutique utilisait des obturations à base de terre de Nubie, de silicate de cuivre hydraté, d’éclats de pierre ou de blocs d’or massif. Les accidents de la dentition des enfants étaient traités par l’ingestion de souris écorchées et cuites, remède, plus tard, adopté par les Grecs, les Romains, les Coptes et les Arabes.

En revanche, l’extraction dentaire semble inconnue., de même que les prothèses dentaires. Pourtant en 1914, on a découvert, dans un tombeau datant de la fin de la IVème dynastie ou du début de la Vème, deux dents reliées entre elles par un fil d’or. En 1948, on a retrouvé dans une tombe du -IIIe siècle, un bridge de trois dents mandibulaires reliées par un fil d’or et on a décrit, dans la bouche de certaines momies, des dents artificielles en bois de sycomore, maintenues par des crochets en or.

La contraception

Au sein de la société égyptienne, la famille est la véritable cellule sociale de base, et le rôle principal de la femme est celui d’épouse et de mère. Pourtant, les papyri médicaux prouvent la pratique de la contraception. En effet, certaines raisons poussent une minorité de femmes à y recourir : les prostituées (une grossesse pouvant être une entrave à leur activité professionnelle), les filles non mariées (la grossesse pouvant être un sujet de médisance, surtout si elles ne désirent pas épouser le père de l’enfant), les femmes les plus fragiles (avec un bassin trop étroit ou une hérédité les exposant à de possibles complications fatales), et enfin en cas de problèmes psychiatriques.

Papyrus Edwin Smith

Les papyri médicaux traitant de procédés contraceptifs sont le témoin d’une observation efficace et des connaissances pharmacologiques. Les remèdes associent des produits d’origine végétale, minérale ou animale, soit par voie orale, soit plus généralement, en application locale. Certains ingrédients possèdent de réelles vertus contraceptives, comme les dattes qui ont un effet spermicide reconnu, ou comme la gomme d’acacia, le miel ou le natron.

En exemple, voici quelques préparations :

    • épines d’acacia finement broyées, mélangées à des dattes et du miel et étendues sur un tampon de fibre introduit profondément dans le vagin (extrait du Papyrus Kahun) ;
    • « Début des préparations qui doivent être préparées pour les femmes. Faire qu’une femme cesse d’être enceinte pendant un, deux ou trois ans. Extrait d’acacia (fruit non mûr d’acacia ou partie de l’acacia), caroube, dattes. Ce sera finement broyé dans un vase de miel. Un tampon vaginal en sera imbibé et appliqué dans son vagin. » (Papyrus Ebers, l’ordonnance 783). 
Papyrus Kahun

La recherche biologique a montré que les épines d’acacia renferment de la gomme arabique qui s’enrichit au fur et à mesure de la fermentation en acide lactique, acide entrant dans la composition de certains spermicides modernes.

L’héritage égyptien dans la médecine moderne

Certains traités médicaux ont été conservés (papyrus Ebers, Edwin Smith…) et permettent de constater que les Égyptiens sont les premiers à avoir observé que le cœur était « l’organe essentiel de la vie » et que ce dernier se manifeste selon un rythme régulier défini par le pouls. Certains indices portent même à le croire qu’ils compter les pulsations après la découverte de la clepsydre. En tous cas, Hérophile, un médecin grec de l’école d’Alexandrie, fut le premier à s’en servir dans l’exercice de son art, au IIIe siècle avant notre ère, avec une clepsydre.

La médecine égyptienne nous a légué des techniques mais aussi de nombreux termes médicaux. Pae exemple, le terme « migraine » vient de l’égyptien ges-tep signifiant moitié (du) crâne. Ce terme est repris plus tard par les grecs devenant hemicrania. Autre exemple, le mot « cataracte » provient directement du terme akhet-net-mou qui signifie littéralement « rassemblement d’eau ».

La relation permanente avec le divin

Médecine et magie sont intimement liées en Égypte antique, puisque, comme nous l’avons vu, la maladie résulte de l’intervention de mauvais génies, d’humains mal intentionnés ou de divinités, principalement principalement les émissaires de Sekhmet, déesse à tête de lionne propageant la maladie et la mort. Cependant, Sekhmet a également le pouvoir d’apporter la guérison, et est donc  patronne des médecins, qui sont souvent ses prêtres.

La magie a une place particulière du fait du mythe d’Osiris (Isis « la grande magicienne » reconstitue le cadavre de son divin époux, Osiris, et  sera fécondée « magiquement » pour donner naissance à Horus).

Les Dieux et les démons étant jugés responsables de nombreuses maladies, par conséquent le traitement fait souvent appel à une divinité via les prêtres et les magiciens, en plus du médecin ou à sa place, lequel médecin utilise souvent les incantations et la magie dans le cadre du traitement. À chaque affection correspond une formule à réciter. Il existe à la Basse époque de nombreux  sanctuaires des dieux guérisseurs tels qu’Imhotep et Amenhotep fils de Hapou (tous deux des mortels divinisés) visités afin d’obtenir la guérison, ou encore des sanatoria tels que ceux situés dans le temple d’Hathor à Dendérah et dans le temple d’Hatchepsout. En outre, des stèles prophylactiques représentant Horus sur un crocodile sont censées protéger contre les morsures et les piqûres d’animaux venimeux. De nombreuses amulettes sont utilisées pour se protéger d’affections diverses.

Oudjat

Les amulettes sont très populaires et portées à des fins magiques pour de nombreuses raisons. Il existe des amulettes homéopoétiques, prophylactiques et théophores. Les amulettes homeopoétiques représentent un animal ou une partie d’un animal dont l’utilisateur souhaite assimiler certains attributs positifs comme la force ou la vitesse. Les amulettes prophylactiques protégent contre les dieux et les démons (exemple, le célèbre Œil oudjat). Les amulettes théophores représentent les dieux égyptiens, par exemple celle qui représente le pagne d’Isis sert à endiguer l’hémorragie post-abortum.

Outre Thot dieu des scribes et patron des oculistes, et Sekhmet déesse guérisseuse, chaque dieu est invoqué dans des objectifs spécifiques :

Sekhmet
Thot
  • Isis, inventrice des remèdes, pour la santé et la fécondité,
  • Horus pour les morsures d’animaux,
  • Hathor, déesse de l’amour, pour protéger les femmes,
  • Bès pour protèger le sommeil et aider les femmes enceintes,
  • Serket pour protéger et guérir des morsures et des piqûres d’insectes.

  • Mais aussi des hommes élevés au rang de dieux comme
Imhotep

o     Imhotep, vizir et grand architecte du pharaon Djéser mais aussi médecin de renom, devenu père de la médecine

o    Amenhotep fils de Hapou (architecte du pharaon Amenhotep III),

Mais revenons à Imhotep. À la Basse époque il est divinisé en tant que fils de Ptah et devient divin-guérisseur avec un sanctuaire. Sous les Ptolémées, son nom est hellénisé en Imoúthês, et son image divinisée confondue (fondue ?) avec celle d’Asclépios. La médecine égyptienne a probablement inspiré la médecine grecque, les Grecs apprenant la médecine à Alexandrie. Ce qui nous amène à la seconde partie consacrée à la médecine de la Grèce antique …. A SUIVRE

Bibliographie

Richard-Alain Jean, La chirurgie en Égypte ancienne. À propos des instruments médico-chirurgicaux métalliques égyptiens conservés au musée du Louvre, Paris, Éditions Cybele, 2012

Bruno Halioua, La médecine au temps des Pharaons, Paris, Liana Levi, coll. « Histoire », 2002

Christiane Desroches Noblecourt, Le fabuleux héritage de l’Égypte, Paris, SW-Télémaque, coll. « Pocket », 2004

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *